Band 
Tome sixieme.
Seite
425
JPEG-Download
 

HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 415

humides ; de meilleure heure encore , quand le terroir est grossier,que quand il est léger ; enfin de meilleure heure aussi quand le ter-roir est gras, que quand il est maigre. Dans les lieux où la chaleur& la sécheresse de l’été sont excessives, &' où la terre est crétacée ,ou maigre, on se trouve mieux de labourer entre le solstice d'été Scl’équinoxe d’automne. Dans ceux où l’été n’est pas bien chaud, oùles pluies font fréquentes, où le terroir est gras & couvert d’herbes,il saut labourer dans les plus grandes chaleurs. Si la terre est forte& profonde, il est bon de la rompre, même en hiver. Si elleest légere & feche , on n’y mettra la charrue qu un peu avant lessemailles.

Voici encore d’autres réglés a observer : Ne touche point a uneterre tant qu'elle ejl boueuse (4). Souviens- toi , cultivateur (5) , qu'a-vant de labourer , il y a un travail esf'entiel; c' es de t'efforcer , partout moyen posible , a bien piocher & diviser ( 6 ) la glebe. L’utilitéde ce dernier précepte est sensible : il est constant que, par cettepratique, on extirpe les mauvaises herbes. Quelques-uns veulentqu on laboure aussi-tôt âpres l’équinoxe de Mars. Les Latins donnentaux terres où l’on met pour lors la charrue le nom de vervaclessj)par allusion à cette époque. Au reste, il est nécessaire de donnercette premiere façon aux terres que l’on ne feme que de deux (8) ans

V’a j excubiti des Latins. Le Pere Har-douin décide que ver-vachun c’estcomme qui diroit vere aclum. Cetteinterprétation fait peu d’honneur à sonsavoir ; & je crois en avoir démontréle peu de justesse.

(8) Novale , à la lettre , signifieraitune terre non encore exploitée, uneterre qui a toujours été en friche j 8 cPline l’emploie quelquefois dans cçsens, comme lorsqu’iì qualifie de no-vale une terre d’où I on vient d’extirperune forêt. Festus entend par ce mê-me mot une terre qu’011 a laisié re-

, Tome FL

poser un tems indéterminé ; Lc IsidoiAune terre que l’on laisse en friche dedeux ans l’un , pour renouveller sesforces. Virgile a osé dire :

Impius Iiïc tam culta novalia miles habebit!

vers dans lequel il donne au novalel’épithete de cultivé. C’est fans douteune figure éloquente 8 c pathétique ,par laquelle le Poète confidere à la foisse s champs, d’abord. comme laistes enfriche, puis comme défrichés & culti-vés par lui-même. La passion a droit deconfondre ainsi, dans fa turbulence ,

Hhh