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Tome sixieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVIII. 417

l’un. Pour bien labourer, il faut que les bœufs soient attelés le plusprès possible l’un de l’autre , afin (9) qu’ils aient la tète élevée entirant la charrue , &: qu ils ne fe tordent point le cou. Si on laboureparmi des arbres ou des vignes, il faut (10) emmufeler les bœufs,de peur qu’ils ne broutent les bourgeons & les rejettons. II doit tou-jours y avoir une petite hache (11) pendue au manche (n) de lacharrue , pour que le conducteur coupe, au besoin, les racines quife rencontrent dans fa direction. On conçoit qu’il y a plus d’avantageà fe donner foi-même cette peine , qu a surcharger les bœufs de l’o-pération d'arracher, par des efforts excessifs , ces mêmes racines avecle foc de la charrue. En labourant, ayez foin de suivre votre sillonfans intermède, & de l’achever ainsi tout d’une haleine, & fansfaire halte ( 12,*) en chemin. Si la terre est aisée à labourer, on peut,

quanto magis incubuerint , mlnusquesibi vinci ac (ìrigare permiserintadmi-rabor ; & clamabo : ta to meliorsurge& respira ; & clivum isum uno ,spo-tes y spiritu exsupera. On lit aussi autroisième livre des fables de Phedre :

Namque ubi strigandum est , & ubi currendum scio.

Et quand on n’auroit pas tous ceséclaircistements si décisifs fur la vraiesignification du mot srigare en cet en-droit de Pline , voici un pasiage deColumelle, liv. 2 , chap. 2 , qui ladéterminerait : Ne in media parte ver-sura (bubulcus) consflat y detque re-quiem in summa ( duntaxat ) ; ut specessandi totumspatium bos agilius eni-tatur. Sulcum autem longiorem quampedum cxx , contrarium pecori efl s quo-niam plus aquo fatigatur ubi hunc mo-dum excessit. Cum ventum erit ad versu-ram j in priorem partem jugum propel-lat , <5' boves inhibeat , ut colla eorumrefrigescant } qua celeriter conflagrant 3nisi assidue refrigerentur. La leçon stri-

gare justifiée par toutes ces autorités ,il me reste à faire observer qu’elle estd’origiue Celtique, & que ce fontprobablement les Gaulois, fondateursde la Gaule Italique, qui Pont de temsimmémorial introduire de proche enproche dans le Latium ainsi que lemot runcare , arracher les mauvaisesherbes, & plusieurs autres expressionsrelatives aux arts de premiere nécessité.En effet, stryken , dans le sens de s’ar-rêter, de faire halte , de reprendrehaleine, est une expression Belgique,aujourd’hui mêrne en vogue , & dontl’usage s’est étendu, non feulementen Italie & en Allemagne , mais mê-me jufqu’aux extrémités du nord,comme l’a remarqué avant moi le docteM. Jean Ihre , dont voici les paroles ,au mot Suédois Stryka : Stryka au-rigarum vocabulum est , quod usurpantde equis , quos attraclis habenis retroreferre pedes cogunt. Hinc strykahaestarna , equos retrorsum agere.Ol. Rudrekkíus putat stryka intro-

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