Band 
Tome sixieme.
Seite
429
JPEG-Download
 

HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 419

V. ...... ‘ - ' 11 ■' 1 -- -s - -

dans un jour, en faisant des filions de neuf pouces de profondeur,donner la premiere façon à tout un jugerum , & la seconde à unjugerum & demi. Mais fi la terre est malaisée à labourer ; pour don-ner la premiere façon à un demi -jugerum , & la seconde à un juge-rum entier , il faut une journée entiere ; car il ne faut pas croireque la Nature ait donné aux animaux des forces illimitées. Ondoit (13) toujours, quand on laboure dans la plaine, faire des fil-ions droits, & ensuite des filions qui croisent en tout sens. Lorf-qu’on laboure fur des coteaux , il ne faut ( 14) aller que le long dela hauteur, mais en détournant un peu le foc de la charrue, tantôtvers le haut, tantôt vers le bas. L’homme est si laborieux qu’il faitquelquefois la fonction du bœuf. II est certain du moins que lesMontagnards ne fe fervent point de charrue, mais feulement desarcloir, pour faire venir du bled.

La vraie attitude du laboureur, c est d’être courbé en conduisantsa charrue ; s’il y manque , ï\ prévarique (15), comme on dit en

que le pr&varicarì du Barreau n’aqu’une ressemblance illusoire avec leprAvaricarï des laboureurs , & que ce-lui du Barreau vient d’une route autresource ? Qu’essce qu’un juge ou arbi-tre qui prévarique ? C’est celui qui s’é-carte des conventions respectives entrelui & les parties , pour favoriser Tuneaux dépens de l'autre; ou, íi l’assairen’est point contradictoire , mais estd’espece criminelle , c’est un Juge qui,manquant à son serment & à son de-voir le plus sacré , s’écarte du droitprivé & public , & de toutes les con-ventions légales , pour perdre ou dé-pouiller l’innocent. 11 y a donc de for-tes probabilités que le pr&vancarï duBarreau vient du mot Celtique ouCelto-Getmanique war , pacte, droitréciproque , convention respective.E11 esset, pacte, convention , traité,

droit respectif, se dit encore aujour-d’hui en Allemand wara ; en Anglo-Saxon , vaere. De là chez les Auteurs ,ces soldats varìngi , varangi, en Grecbarangoï , c’est - à - dire soldats partraité réciproque, milites foederati ,que l’Histoire nous montre auprès desEmpereurs postérieurs à Constantin ,& qui étoient tirés des troupes desGoths. Audi trouve-t-on chez Ulphi-las le mot Gothique ga-wairthi em-ployé dans le sens de paix , de treve ,de ceílation d’armes par accord réci-proque. N’est-il pas , dis-je, extrême-ment vraisemblable que cet ancienmot war 3 droit, pacte, convention,a été jadis d’un usage presque univer-sel 3 que les Gaulois l’avoient portétrès anciennement en Italie, ainsi queles mots runken , arracher les mau-vaises herbes , flrykken , reprendre