HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 45 E
rennes de labourage ; d’où cette expression a passé au Barreau , oùl’on dit pareillement qu’un Juge qui s'écarte de Yéquité, prévarique,Gardez-vous donc, ô laboureurs, de mériter un reproche dontl’ex-pression énergique a pris naissance parmi vous. On doit nettoyer detems en teins le soc avec un bâton garni d’un fer ( 1 6) pointu. II fautbien fe garder de laisser entre deux lillons des bancs (17), c’est-à-dire des espaces qui ne soient pas labourés : il faut même que dansce qui l’a été, il ne reste pas de trop grosses mottes. Une terre estmal labourée quand on est obligé de la herser après y avoir jetté lasemence : au contraire elle Test bien quand on ne reconnoît pas paroù la charrue a passé. Si le lieu le demande, on fait par intervallesdes rigoles, c’est-à-dire de grandes raies, pour donner cours à l’eau »& la faire écouler dans les tossés.
De l' opération de briser les mottes ; d'une forte de labourparticulière ; de la féconde opération de la herse.
Apres avoir labouré en travers, on brise, s’il est besoin, lesmottes de terre avec une herse ou avec un rateau ; ôi l’on répetecette opération après qu’on a semé. En quelques endroits, on couvrela semence en y faisant passer une herse plane (1) , ou une simpleplanche attachée à la charrue, si le lieu permet de fe passer (2) deherse à crampons : de cette sorte on recouvre de terre la semencedans fa raie ou Ure (z); ce qui a donné lieu d’employer d’abord,,
(2) C’est ce que signifie ubi h&c con-suetudo patitur ; & c’est ce que jus-qu’ici n’avoient point compris les in-terpretes. Pline dit qn’011 fe sert de laherse unie & non dentée dans les lieuxd’un plan bien horizontal, & où il n’ya pas à craindre que la herse , faute dedents ou de crampons , décline àdroit ou à gauche , íelon la pente ac-cidentelle dufoh
(3) En fait de labourage, la lire pro-prement dite est la raie , le sillon pri-mitif 011 l’on jette la semence, & qu’ilne saut pas confondre avec le secondsillon creusé à côté du premier après,avoir semé. Ce second sillon restecreux , au lieu que le premier se rem-plit , & forme une hauteur à son égard.Cette élévation vient, en partie , de1a terre dont on recouvre la semence *