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Tome sixieme.
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HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 433

au propre, l’exprestìon délirer, pour dire s’écarter dusillon ; &c cetteexpression a depuis été transportée au moral, dans le sens d’extra-vaguer. On croit que Virgile a prétendu quil falloit labourerquatre fois avant que semer, lorsqu il a dit (4) que le champ quidonne la plus abondante moisson, est: celui qui a senti deux sois lachaleur & deux sois le froid. Si la terre est: forte , comme elle lestdans la plus grande partie de l’Italie, le meilleur est: de labourercinq fois avant que de semer ; Òc en Toscane, jusqu’à neuf sois.Mais on ne perdra rien à semer la feve & la vesce sans avoir labouré :&c ce fera autant de peine épargnée.

Nous n omettrons pas ici une façon de labourer dont la désolationmême des guerres procura l’invention dans l’Italie au delà du Pô.Lorsque les Salastiens ( f ) ravageoient les campagnes situées au pieddes Alpes, ils se jetteront sur les panis & les millets, qui com-

le íìllon d’écoulement j assurément ilne faut pas un grand effort de géniepour comprendre que ce font les plan-ches qui recouvrent, & le foc quicreuse. La feule énigme qui subsiste pré-sentement, c'est comment tant de Sa-vants se font comme donné le mot pourembrouiller une questionaulîi claire.

(4) Le passage dont il s’agit est aupremier livre des Cécrgiques , v. 47,où le Poète dit :

Illa seges demum votis respondet avari

Agrtcols , bis qua? solem, bis frigora sentit ;

Illius immensa ruperunt horrea messes.

Seges j très certainement, signifie unchamp labouré &c ensemencé. Ainsi ,n’en déplaise à Pline, au Pere Har-douin , à M. Jault, & aux autres In-terpretes & Commentateurs, Virgile avoulu dire quil falloir ( en Italie, s'en-tend), pour avoir une ample moisson,labourer cinq fois , ou , ce qui revientau même, donner qpiatre nouvellesfaçons à un champ deja labouré ct' en-

Tome VI.

femencé ; savoir, deux façons à far-dent du soleil, & deux façons à la fraî-cheur de la rosée. Pline lui-mcme con-vient que dans la majeure partie de1 Italie il faut labourer cinq fois unchamp avant que d’y semer. Virgiledit ici la même choie , à cela près qu ilsuppose qu’on se me après la premierefaçon , & qu’on ne donne les quatreancres qu’après avoir semé ; ce qui n’estqu’une variété d’époque dans le mê-me usage , je veux dire dans le mêmenombre de labours. J’ai vu cerre pra-tique (de retourner la terre, mêmeaprès une partie de la semence levée)réussir merveilleusement pour forge :mais il s'agit, chez le Poète Latin , deciuqfaçons consécutives, ou faires cinqjours de fuite , dans 1 époque des se-mailles. Le fait remarquable que Plineva rapporter au commencement de laderniere section de ce même chapitre,vient encore à Pappui de notre inter-prétation.

( 5 ) Ce sont ceux du Val d’Aoste ,

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