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Tome sixieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L IV. XVIII. 43 <>

Exemple (Tune merveilleuse fertilité ; vigne quiproduit deuxfois Van ; différentes qualités des eaux.

A u milieu des sables d’Afrique, en tirant vers les Syrtes Se lagrande Leptis , on trouve une ville nommée Tacape (1), dont leterritoire est d’une fertilité surprenante Se presque incroyable ; auslìce territoire a-t-il l’eau à commandement. En eftet, il y a une vastefontaine qui ■visite environ trois mille pas de terrein en tout sens ,avec une égale abondance d’eau. Cette eau fe distribue à certainesheures aux habitations qui font autour de la ville. C’est là que l’oeilsurpris , au dessous d’un grand palmier, rencontre un olivier ; audessous de Tolivier , un figuier; au de st o us du figuier, un grenadier;au dessous du grenadier, une vigne ; au dessous même de cette vigne,on ferne du froment, puis des légumes, puis des herbes potagères.Toutes ces choses rapportent dans la même année, Se toutes fontélevées à sombre d’une autre production. Quatre coudées (1) decette terre en quarté ( mesurées, non à main déployée, mais à poingfermé ) fe vendent quatre deniers (3). Mais ce qu’il y a de plus mer-veilleux , c’est que la vigne y porte deux fois Tannée. Et fi un terroirausti fertile n’étoit pas surchargé de cette multiplicité de produc-tions , Se qu’on n en exigeât qu’une feule par la culture , ce fruitunique feroit si exubérant, que son abondance même Tempêcheroitde venir à bien. C’est pourquoi on ne laiste jamais oisive la terredont nous parlons; Se elle donne toute Tannée quelque chose àmoissonner, fans que cela diminue en aucune façon fa prodigieusefécondité. Au reste, toutes les eaux ne font pas également bonnespour arroser la terre. II y a dans la province Narbonnoife une célébréfontaine nommée Sorgue (4), dans laquelle il croît des herbes dont

F ris garde ici au redoublement dej j ou auront imputé tout le siffle-ment à la finale du mo t sons. Con-sultez ce Géographe , au mot Orge.Le nom de la fontaine de Sorgue si-gnifi q fontaine de douleur ; car forg eftune expression Celtique qui signifie

douleur, soin , souci, tristesse, aujour-d’hui même en langue Belgique. En ef-fer, douleur se dit en Flamand, forghc;en Allemand, forg; en Suédois, & mê-me en Iílandois , forg a pareillementcette signification : les Anciens Gorhsdifoient faurga. On ignore quel événe-