HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVI II. 44 1
les bœufs font fi friands, que pour les aller chercher, ils enfoncentla tête toute entiere dans l’eau. Néanmoins il est certain que cçsmêmes herbes ne viennent point dans cette fontaine, s’il ne sur-vient des pluies. Tant il est vrai que chaque terrein & chaque forted’eau ont leurs propriétés particulières, qu’il importe à chacun deconnoître.
De la qualité du terroir ; de Vopération de fumer la terre «
S1 la terre est tendre , c’est-à-dire de la nature de celle que nousavons ( 1 ) dénommée ainsi, on pourra, après la récolte de l’orge , ysemer du millet ; après la récolte du millet, y semer des raves ; &après la récolte des raves, y semer de forge ou du froment, commeil se pratique dans la Campanie. II suffira de labourer une pareilleterre quand on la se meta. Voici un autre ordre que l’on peut suivre ;c’est de laisser reposer durant les quatre mois de f hiver la terre oùîl y aura eu du sar ^ & d’y mettre ensuite des feves de printems, quiy demeureront (r.) jusqu à la récolte des feves d’hiver. Lorfqu’uneterre est trop grasse , on peut la faire travailler de trois différentesfaçons, en y mettant trois fois de fuite des légumes, après qu ellea donné du froment. Si elle est trop maigre, il faut la laisser reposerde trois ans f un. Quelques-uns veulent qu’on ne semé du fromentque dans une terre qui ait reposé f année précédente.
Mais, en cette matière , le principal consiste à engraisser la terreavec du fumier ; & c’est de quoi nous avons dé j a parlé au livre pré-cédent (3) : car on convient qu’il ne faut jamais semer une terrefans savoir fumée. Toutefois il y a ici différentes réglés à suivre.Le millet, le panis, les raves, les navets, ne se doivent jamais semerque dans une terre fumée. Le froment se passeroit plutôt (4) defumier que forge. Quoiqu’on recommande de semer les feves dansdes terres reposées, néanmoins il faut toujours que f endroit où oníes mettra soit fumé tout nouvellement. Quand on voudra semerTome VI. Kkk