HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 473
espece de fumier, &.lui donnant en même tems avis de fe hâter;car elle lui donne à entendre quelle couvre ainsi la terre de feuilles,afin de la défendre de Timpreífion des vents, & de la rigueur dufroid.
Varron donne aulsi d’autres préceptes que celui de la Nature: ilrecommande d’attendre , pour semer les feves(z a), qu’on voie lesfeuilles tomber des arbres. D’autres font d’avis quil faut toujoursles semer dans la pleine (33) lune, &: les lentilles depuis le vingt-cinq de la lune jufquau trente. Ils pensent auísi quil faut semerles veces (34) dans les mêmes jours, Sc que cette pratique les ga-rantit des limaçons. Quelques-uns prescrivent de ne semer dansce tems-là que celles dont on veut se servir pour du fourrage, Scde semer au printems celles quon veut garder pour semer. LaNature, fans cesse attentive à nos besoins, nous présente, dans unarbre particulier , un autre moyen plus admirable encore poursavoir quand il faut semer. Ecoutons Cicéron (33) :
Interprete (;6) 6e la Nature,
Lentisque toujours verd, toujours-ch&rgé de fruits,
Par ta triple verdure ,
Par tes triples produits,
Des trois tems de semer c’est toi qui nous instruis.
C’est dans un de ces trois tems quon doit semer le lin & le pavot.A propos de ce dernier, Caton veut que fur le lieu où l'on aurarecueilli le bled , on brûle les sarments Sc les baguettes super-flues (37), Sc qu après les avoir réduits en cendre, on y semé dupavot sauvage, lequel, étant cuit dans du miel, est un excellentremede pour les maux (38) de gorge. Le pavot des jardins a auísi
de la Maison Rustique , ch. ; 8, p. 34:Qace tibi ustoni supererunt insegete com •burito. II emploie cette même expres-sion auchap. 145 : on la trouve austìemployée par Scatvola, chez Colu-metle , liv. 4, chap. 1, p. Z7X.
Tome VT
(38) Confirmé par Quintus SerenusSammonicus :
Disce etiam micam ex humili medicamine curam sActiaco melli jungas agteste papaveiDecostumque simul mandes, maniumque vorabis.
Par le pavot sauvage > je pense qu’ilOoo