histoire naturelle, liv. xviii. 50 7
Cet intervalle de tems est décisif pour la vigne ; car le fort duraisin dépend particulièrement de l’astre que nous avons nom-mé (34) Canicule, dont la maligne influence (35) cause la bruinequi brûle le raisin. Les grêles &c les orages, autres calamités,font moins à craindre que ce fléau : elles n’ont jamais produit decherté, comme il en cause : car elles attaquent seulement certainsCantons particuliers ; au lieu que la bruine ravage des provincesentieres , & très étendues. Toutefois, il ne feroit pas difficiled’obvier à ce malheur, si les hommes n’aimoient pas mieux blâ^-mer mal à propos la Nature, que de faire ce qui leur feroit avan-tageux. Démocrite (36) fut le premier qui connut & qui enseignaaux autres la liaison qu’il y a entre le ciel & la terre. On dit que cePhilosophe, ayant prévu, par les moyens dont nous venons déja deparler, & dont nous traiterons bientôt plus au long, que le leverdes Pléiades, tel qu’il s’annonçoit, ameneroit une cherté d'huile,acheta toutes les huiles de son canton. Elles étoient alors à trèsgrand marché, vu la belle apparence des oliviers : c est pourquoiles plus riches de fes compatriotes fe moquoient d’une pareille entre-prise j & ceux qui favoient combien ce sage chérifloit la pauvreté& le repos, òc qu’il n’avoit d’autre passion en tête que celle dessciences , s’étonnoient fort de fa maniéré d’agir. Mais quand onreconnut le prosit immense qu’il étoit en train de faire, on sentittoute son habileté ; & Démocrite , content d’avoir montré qu’illui étoit facile de s’enrichir quand il lui plairoit, remit, dit-on,le (37) surplus du gain qu’il avoir fait fur la marchandise à ceuxde qui il savoir achetée , & qui , possédés du désir du gain ,étoient au désespoir d’avoir donné leur huile à si bon marché.
telle de la marchandise ; en un mot,c’est en donner honorablement la justevaleur ,par surcroît de paiement. C’est•sans nécessité que le Pere Hardouinpropose de lire mercem au lieu demçrceíem. Démocrite fit cette année-
là le commerce de l’huile avec excèsde profit, & il remit généreusementcet excès aux propriétaires, auxquelsil s’étoit , en apparence , subrogé.Voilà ce que Pline a voulu qu’on en-tendît.
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