HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. I Z Z
ta graine par tas, âpres l’avoir fait macérer long-tems dans dufumier : & quand les asperges ont jette leurs racines entortilléesensemble , on plante ces racines à un pied de distance l’une del’autre. De cette maniéré, on a des asperges pendant dix anstans les renouvelles. L’asperge ne se plaît nulle part mieux que dansles jardins de Ravenne (75).
Nous avons déja parlé de l’asperge sauvage , que les Grecsnomment hormene & myacanthe, & de plusieurs autres (76) fa-çons. Certains Auteurs (77) disent que si on pile des cornes debelier, & qu on mette de cette poudre dans de la terre, il en viendrades asperges.
On ne pourra se persuader que j’aie traité de toutes les herbes pota-gères , tant qu il me restera à parler d’une d’entre elles, qui, par notrefriandise, est devenue d’un profit surprenant, & de laquelle, parcette même raison, je parlerai, mais non tans en rougir : je veuxdire les cardons. Oui , les cardons, je le répete à notre honte,font devenus d’un profit si considérable, qu une planche de cetteherbe , sur-tout à Carthagene en Afrique, &. à Cordoue en Es-pagne , rend jusqu’à six mille sesterces (78) : tant nous sommescurieux de satisfaire notre gourmandise par des singularités étran-gères que les animaux môme de ces pays-ta ont en aversion.Au reste, les cardons (79) viennent de deux maniérés j savoir,de graine & de plant. On les se me au commencement de Mars,& on les plante en automne avant le milieu de Novembre; maisdans les pays froids, on attend jusques vers le milieu de Février.
(78) Six cents livres de notre mon-noie.
(79) En comparant cet endroit dePline avec ce que Columelle dit del’artichatit ou cinara des Anciens, lePere Hardouin se croie fondé à préten-dre que la sorte de chardons ou car-dons dont Pline veut parler ici, 11’est
autre que l’artichaut. Voici le paílagede Columelle, liv. 11 , chap. 3 : Ci-nara sobolem melius per autumni œqui-noclium disponemus : femen commodiuscirca Calendas Martiiferemus 3 ejusqueplantam circa Calendis Novembris de-primemus , & multo cintre stercorabi-mus : id enim genus fercoris huic oleri