148 NATURALIS HISTORIAL L I B. XIX.
Superbus , qui legatis à filio miífis, decutiendo papavera inhorto altifiima, sanguinarium illud responsum hac factiambage reddidit.
Rursus alio comitatu, aequinoctio autumni, seruntur co-riandrum, anethum, atriplex, malva, lapathum, caerefolium,quod paederota Graeci vocant : & acerrimum sapore, igneieffectus, ac saluberrimum corpori, finapi, nulla cultura,melius tamen planta tralatâ. Quin è diverso vix est sato
Mais au surplus Tite Live, liv. i,p. 19 • Florus, liv. 1 , chap. 7 , p. 18 ;Frontin , Strat. chap. 1 ; Lc ValereMaxime , liv. 7, chap. 4 , n°. i, s’ac-cordent à attribuer cette action par-iante à Tarquin. Seulement on voitque la tradition avoit varié fur legenre de fleurs dont Tarquin abattitles têtes j car c’étoient des lis ( & nondes pavots ), s’il en faut croire Ovide,Fast. liv. 1 , v. 705 :
Hottuj odoratis suberat cuhiflìmus herbis,
Sectus humum rivo lene sonantis aquas.
Illic Tarquinius mandata latentia natiAccipit, & virga lilia summa metit.
Nuncius ut rediit, dccuflaque lilia dixit ;
Filius, Agnosco juila parentis, air.
Nec mora , principibus ctesisexurbeGabina,Traduntur ducibus moenia nuda suis.
cu plutor, Ovide a usé ici d'une li-cence poétique 5 car tout me porte àpenser que Tarquin désigna les grandsd’entre les Gabiens par des pavots,de préférence à toute autre fleur. Eneffet, les diverses dénominations dupavot, dans presque toutes les langues,Font honorifiques, & analogues à ri-dée de primarie, de supériorité, depuissance, &c. Car pavot est de mêmeorigine que notre paon ou pave des
Latins, qui est un symbole de gran-deur & de préséance, prenant évidem-ment sa source dans l’ancien mor Go-thique ou Celto-Germanique pao ,super ; d’où un paon , aujourd’huimême en Suédois, se dit pao-soges àla lettre, suprema avis. La même ana-logie avec la puissance & la grandeur,se retrouve dans la plupart des autresdénominations du pavot, principale-ment dans celle de mag > qu’on luidonne dans divers idiomes Germa-niques ^ car, en ancienne langue Go-thique , ou Scy tho-Germanique, chezUlphilas, magan signifie posse , valere /& magt j aujourd’hui même en Sué-dois, signifie potentia , fans compterles expressions Latines magnitudo ,magisratus & magnates , qui décou-lent très certainement de cette an-cienne expression Celto Germaniquemagt puiíïance ; & dont l’analogieavec i’expreísion Germanique mag-j'amen un pavot, est des plus sen-sibles. U n’y a donc point à douterqu’anciennement le pavot ne fût l’em-blême de la puistance & de la gran-deur, & que Tarquin, en affectantd’abatcre des têtes de pavots devantles Députés de son fils, ne se soit ex-pliqué d’une maniéré très énergique,