HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 149
din , les têtes des pavots les plus élevés - , donnant à entendre, parcette action énigmatique, la maniéré sanguinaire dont il vouloirque l’on traitât les principaux Gabiens.
La coriandre, l’aneth, l’arroche, la mauve, la parelle, le cer-feuil (les Grecs nomment ce dernier (141) pcederote ), fe se menten même tems l’une que s autre ; savoir, à l’équinoxe d’automne,comme auíli le sénevé. La graine de ce dernier est extrêmementpiquante & d’un effet brûlant (143) ; elle est néanmoins très sa-lubre. Le sénevé ne demande point de culture ; toutefois il vautmieux quand il est replanté ( 1 44) : mais lorfqu’une fois 011 en a
quoique muette. Mais pourquoi ( di-ra-t-on ) ces dénominations honori-fiques & synonymes de puissance ,données íì anciennement au pavot ?Je crois en avoir découvert la raison :c’est que le sang, dans la plupart desidiomesdu Nord, & particulièrementen Suédois, se dit auíli magt 3 d’où ilrésulte que le pavot fut d’abord nomméainsi chez les nations Celtiques &Germaniques, à caisse de fa couleurpurpurine 3 qu’ensuite la diversité designifications affectée au mot magt 3fit prendre cette dénomination primi-tive du pavot dans le sens de grandeurôc de puiflance : & qu’enfin cettefausse acception ayant à la longue pré-valu fur la véritable, on en vint à dé-signer cette fleus fous plusieurs autresdénominations toujours synonymes decelle là 3 telles, par exemple, quecelle de pavot , qui, comme je l’ai faitvoir , prend fa source dans le motpao , super.
(142) Ceci est confirmé par Apulée,chap. 104, où il dit : Gr&ci p&derotavocant .... Latini c&resolium. Col la-melle , in Hortulo 3 grécise ce c&refo-lium des Latins, le changeant en ch&-
rephylum dans ce commencement devers :
Jam breve chxrephylum, &c.
Ailleurs (au liv. 11, chap. 3 ) il legrécise encore de la même maniéré,mais en redoublant le lambda ; ce quipeut-être est une faute de copiste. Quoiqu’il en soit, on y lit : Ch&rephillum 3itemque olus atriplicis 3 circa Calend.Oclobr. obrui oportet non srigidijsimoloco .. Papaver & anethum eamdcm ha-bent conditionem sationis 3 quam ch&re -phy Ilum 3 & atriplex . Voyez la figuredu cerfeuil chez Dodonée , p. 688.Le Pere Hardouin nous avertit de nepoint confondre ce p&derote 3 ou vraicerfeuil, avec un autre p&derote 3 donton traitera au livre 22, chap. 22.
(143) Non seulement sur la langue,mais fur tout le corps. Aussi s’en ser-voit-on , & s’en sert-on encore enguise de vésicatoire, d’où ce genre decure violente, par le sénevé, se nom-ment en Grec sinapismos. Ctelius Au-relianus & Celsus en ont traité. Voyezla figure de la moutarde ou sénevé, si-napi sativum eruc& aut rapi solio 3 chezLobelius, Observ . p. 100.
(144) Palladius, liv. 11 sin Oçlobr ■>