HISTOIRE NATURELLE, LIV. XX. l8?
& mangée, soulage les douleurs d'entrailles (1 j}. La décoction deleurs feuilles dans del’eau, ou prise dans vingt dragmes de leur pro-pre suc, est un bon remede contre laìnaladie pédiculaire. Les rai-forts , pilés ôc appliqués fur les flegmons, & leur écorce appliquéeavec le miel fur les meurtrissures récentes (i 6 ), produisent unbon esset. II est utile aux personnes sujettes à la léthargie (17),de manger des raiforts, principalement les plus acres; &: aux asth-matiques de manger de leur graine rôtie (18), pilée & incor-porée dans du miel. Les raiforts fervent de contre-poison (19);car ils sont fort contraires aux serpents cérastes (10) & aux scor-pions j de forte qu en se frottant les mains avec de la graine deraiforts ou avec les raiforts mêmes, on peut manier fans danger cesbêtes venimeuses (2.1); & même fi l'on met un raifort fur des scor-pions, ils meurent à l’instant (u). Nicandre dit que les raifortsfont salutaires aux personnes qui ont mangé des champignons ve-nimeux (23) ou de la jusquiame (24). Les deux Apollodore recom-mandent d'en donner aussi contre la plante appellée ixias ou chamae-leon blanc : mais Apollodore de Citia veut qu on donne la grainepilée &: mêlée dans de l’eau, au lieu qu Apollodore de Tarenteveut qu’on donne le suc. Les raiforts diminuent les gonfle-ments delaratte (26), font bons pour le foie & pour les douleursdes lombes. Pris avec du vinaigre & de la moutarde, ils fontsalutaires aux hydropiques Ôc aux léthargiques (27).Praxagoras (28)
(24) Nicandre , ìbid. p. 167.
(1 6) Eh pareil cas , Dioscoride ,ibid. , ainsi que Florentinus , ibid. or-donnent de prendre de la graine deraifort dans du vinaigre.
(27) Les mêmes Auteurs, ibid.
(28) Note d’un Savant Anonyme :,» Praxagoras, Médecin , fut le pre-u mier qui distingua des veines & des» artères proprement dites. On peut» voir le Clerc ( Hijl . de la Médecine }« part. x, liv. 4, chap. 6 ), fur la
» doctrine de ce Médecin, qui forma» une secte sans doute , puisque Ga-» lien ( de subfiguratione empiricâ y» c. 1), parle des Praxagoréens. Vos-» si us a remarqué ( de Philosoph.» p. 109) que le Scholiaste de Ni-« candre ( Alexìpharm . v. 396) cite» Praxagore fur le poison dit phari-,, cum ; &c non qu’il cite un Traitém particulier de Praxagore sur ce poi-» son, comme l’a entendu le Peren Hardouin ».