HISTOIRE NATURELLE, LIV. XX. ZIZ
de la nielle comme de la jusquiame (43) ; mais étant pris entrop grande dose, il est pareillement un poison (44) : -ce qui estd’autant plus surprenant, que la graine donne au pain un goûttrès agréable (45). Cette graine mondifie les yeux , provoquesurine (46), 8c fait venir les réglés aux femmes. Je trouve mêmechez certains Auteurs , que trente de ses grains, liés dans unlinge 8c appliqués à une nouvelle accouchée , font sortir l’ar-riere-faix. On dit aussi quêtant broyée avec de surine (47) 8cappliquée sur les cors des pieds, elle les détruit ; 8c que son par-fum tue les mouches 8c les moucherons.
L’anis (48) se prend en breuvage dans du vin, contre les pi-quures des scorpions. Pythagore le loue extrêmement, tant crudque cuit. On l’emploie dans toutes les sauces, soit sec, soit enétat de verdeur ; 8c même on en saupoudre la croûte inférieuredu pain. On en met aussi dans les chausses à passer le vin (49).Avec des noix ameres, il donne au vin un meilleur goût. Etantmangé le matin avec du smyrnion 8 C un peu de miel, pourvuqu ensuite on se lave la bouche avec du vin, il ôte toute puanteurde bouche, 8c donne une bonne haleine. II sait paroître levisage plus jeune. Attaché au coussin, en forte que la personnequi est couchée puisse en sentir l’odeur, il empêche de rêveren dormant. II réveille l’appétit ; aussi depuis qu’pn ne chercheplus à s’en procurer par le travail, nos délicats ont recours à l’a-nis pour se ragoûter ; 8c par cette raison, quelques Auteurs rap-pellent anicet (yo), c'est-à-dire invincible.
bon d’observer que les manuscrits por-tent anesum ; leçon qui patoît autori-sée par Nicandre, qui écrit »vvvnv,en doublant la nazale à la maniéréAttique. Dioscoride écrit à la ma-niéré vulgaire xvisov 3 & cette dernieredénomination a prévalu parmi nous.Voyez la figure de l’anis chez Dodo-
Tome VIL
née, p. 197.
(49) Opération dont on a traité auliv, 14 , chap. 22 ; & liv. 18 , chap. 7.Voyez Hyeronim. Mercurial, liv. 2,Var. chap. 17.
(5 o) Le faux Dioscoride donne cettedénomination , non à l’anis, mais àl’aneth, inNochiSj p. 455.
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