HISTOIRE NATURELLE, L IV. XXIII. 97
& alterent, &: ne sont cependant point nuisibles aux nerfs. Cellesque l’on nomme orbiculata ( 1 5 ), à cause de leur orbe, ou forme ronde,arrêtent le vomiílement &L le cours de ventre, & néanmoins pro-voquent les urines. Les pommes sauvages ont les mêmes pro-priétés que les pommes de vergers qui ne font point encore mû-res (1 6) : on fe sert des unes & des autres pour arrêter les diar-rhées.
Le citron a la vertu de combattre les mauvais effets du poi-son (17). Le fruit ou la graine y réussissent également, étant prisdans du vin. La décoction ou le jus de citron, rendent l’haleinedouce & agréable (18), quand on s’en lave la bouche. La graineétant mangée est fort salutaire aux femmes enceintes (19), danscet état de langueur (io), où elles contractent de faux goûts pourdes mets bizarres íz nuisibles a la santé. Le citron convient fortdans les foiblest'es d'estomac; mais on ne sauroit guere en man-ger , que n l’astaisonnant avec du vinaigre.
Nous avons déja dit qu’il y a neuf efpeces de grenades (11) :voyons présentement quelles font leurs vertus. Les grenades doitsces que l’on nomme: apyrina (11), font contraires àl’estomac, en?gendrent des vents & attaquent les dents &z les gencives. Cellesdont le goût approche le plus de ces dernieres , & que nousavons appellées vineuses (13), ayant d’ailleurs de petits pépins,font un peu plus estimées pour leurs vertus. Elles arrêtent lecours de ventre , ôz rétablissent l’estomac , pourvu néanmoins
dégoût , mal-aise j ou maladie de gros-sesse , &c. Virgile, dans ses Egloguesen parle fous le nom de Fastidia :
Longa novem matri tulerint fastidia menses.
(11) Au liv. i 3 , chap. r 9.
(12) C’est-à-dire fans pépins. Voyezle liv. 13 , chap. 19. Plinius Valeria-nus, liv. z, chap. 40 , est ici d’accordavec Pline : Dulçia inflationes stoma-
Tomc VIII.
cho movent , nec tute febricitantibusdari possunt.
(23) Voyez Ie liv. 13, chap. r9.Plinius Valerianus , liv. 4, ch. 40 , aulien de Pexpreflion vinosa 3 emploiecelle de vinolenta , à l’égard de cettemême espece, qu’il distingue de l’es-pece acide. Dioscoride, liv. i , cha-pitre 151 , dit que la vertu de l’efpecevineuse tient le milieu entre.l’efpeceacide l’efpece douce.
N