HISTOIRE NATURELLEjLIV. XXIII, 99
qu’on n’en mange qu’en petite quantité. Mais il ne faut jamaisen. donner à ceux qui ont la fievre ( 2 . 4 ); car & le jus 8c la pulpedes grains font également contraires à cette maladie. On doitpareillement s’en défier dans le vomissement 8c dans les déjec-tions bilieuses par hauc 8c par bas. Au reste , il semble que laNature ait voulu enrichir 8c distinguer ce fruit d’une façon touteparticulière; car on y trouve, pour ainsi dire, du raisin, du moûtêe du vin tout a la fois. L’écorce qui les renferme, est , dansl’une 8c l’autre efpece de grenades, un peu rude Le groflìere.Celle des grenades aigres est employée à nombre d’uíages. LesTanneurs, en particulier, s’en fervent pour préparer leur cuir (z 5 );8c c’est ponr cette raison que les Médecins l’appellent malico-rium. (z 6). Ils lui attribuent la vertu de provoquer l’urine; & pré»tendent quêtant cuite dans du vinaigre, avec de la noix de galle,elle a encore celle de raffermir les dents ébranlées. De plus ,cette écorce est fort bonne aux femmes grossies dans les dégoûts& les appétits bizarres quelles ressentent quelquefois (zy) ; 8cl’on a éprouvé que lorfqu’elles en mâchent, cela ranime le sec-tus (z 8 ), 8c lui donne une douce émotion. Pour guérir le fluxcœliaque , 8c le crachement de sang , on prend une grenade(n’importe de quelle efpece ( 2 . 9 ) ; on la coupe par quartiers, 8c011 la laisse en infusion durant trois jours dans de l’eau de pluie.Cette eau fe donne aux malades , qui doivent la boire froide,pour qu’elle agiísie efficacement.
On fait avec les grenades aigres ( 30 ), une composition médi-camenteuse, que l’on nomme en Grec Jlomatice, laquelle est ex-cellente pour guérir les maladies de la bouche , du nez 8c desoreilles, pour éclaircir ou fortifier la vue, 8c enlever cette mem-brane opaque qui fe forme quelquefois dans les yeux ( 31 ); outrequ’elle est très bonne encore pour dessécher les ulceres des parties
oculorum vitium fuerit 3 succum mali g-anati melii Attico aqua mensura com-misces j & uteris j .. . Hoc etiam scriptoribus & picloribus sape profuit.
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