histoire NATURELLE, Liv. XXIII. 103
de la maniéré que je vais dire. II saur après avoir ôté son anneau&: sa ceinture (37), & dénoué ses souliers, cueillir un cy tinus avecle pouce & le quatrième doigt de la main gauche, puis s’en frot-ter légèrement les yeux, & ensuite l’avaler sans y toucher avec lesdents. On est sûr après cela, d avoir la vue faine pendant toutel’année. Le cy tinus séché Sc réduit en poudre (38), remédie, se-lon ces mêmes Médecins, aux excroissances de chair , & est fortbon encore pour les dents & les gencives. Le suc tiré dune dé-coction de cy tinus verd, a la vertu de raffermir les dents qui bran-lent (39). La base ou la partie inférieure de ce calice (40), piléeSc employée en forme de Uniment, mondifie & cicatrise les ulce-res rongeants ou putrides, appaife les inflammations des yeuy Scdu bas ventre3 & peut servir presque dans tous les cas où lecorcede grenade est mile en usage. D’ailleurs , elle est salutaire contrele venin des scorpions.
On ne sauroit trop admirer les Anciens quand on considéréjusqu’où ils ont porté Texactitude & supplication dans leurs recher-ches , pour fouiller dans tous les secrets de la Nature, Sc décou-vrir les propriétés de ses moindres productions. Mais si leur sa-gacité brille en toutes choses, c’est sur-tout par rapport à Tarbredont nous parlons. Du sein du cy tinus I41), avant que la grenadeparoisse, naît une fleur qui, comme nous lavons dit (42.), se nom-me halaufle. Cette fleur, comme tout le reste, n a point échappéa leurs observations. Ils font soumise à Texpérience, Sc ont trouvéque c'étoit un remede puissant contre le venin du scorpion ; quedonnée en breuvage, elle avoir la vertu d’arrêter l’excès de lecou-lement menstruel , le crachement de sang 3 le dévoiement duventre Sc de Testomac ; qu employée en gargarisme, elle remé-ditât aux ulceres de la bouche (43), à Tinflammation des amyg-dales, & au relâchement de la luette 3 & qu’enfin, employée enfomentation , elle guérissait les ulceres des parties de la généra-tion, & même les ulceres humides Sc fangeux, en quelque partiedu corps qu’ils pussent être. Ils ont voulu savoir encore quelles