HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. Ill
cultivé, une vertu merveilleuse pour la cure des écrouelles : maiscela dépend d’un certain formulaire usité , auquel il ne saut pasmanquer. Un jeune garçon d’environ dix à douze ans , rompraune branche de figuier sauvage, dont l’écorce n’ait point encorede mouise (77) ; 6c après qu’il aura arraché cette écorce avec lesdents, on tirera la moelle qui est dans l’intérieur du bois ; 6c lemalade , en l’attachant à son col avant le lever du soleil, éprouverabientôt les plus heureux esters de ce remede. De plus, on pré-tend qu un rameau de cet arbre , lié autour du cou d’un taureau,quelque furieux ou indompté qu’il puisse être , appaise sur-le-champ sa férocité (78), le rend immobile comme par une especed’enchantement-
II y a une plante nommée en Grec erineoti (79), dont noustoucherons ici quelque chose , à cause de ses rapports avec lenom &C le suc laiteux du figuier sauvage. Sa hauteur est d’un pal-me. Elle restemble au basilic, 6c produit ordinairement cinq tiges,avec des fleurs blanches , auxquelles succede une petite grainenoire. Cette graine , pilée 6c incorporée. avec du miel Attirque (80), appaise les fluxions des yeux. La plante (81), soit qu’onla coupe, ou qu’on en arrache des tiges, rend une grande quan-tité de suc, lequel est doux 6c blanc comme du lait. Mêlée avecun peu de nitre , elle est un remede très efficace pour les douleursd’oreille(8a)j 6c ses feuilles ont une vertu qui résiste aux venins. 4
Le prunier a aussi ses usages 6c ses propriétés en médecine. Ladécoction de ses feuilles appaise l’inflammation des amygdales (83),6c fortifie les gencives. Ces mêmes feuilles, cuites dans du vin ,6c employées en gargarisme , remédient au relâchement de laluette (84). Les prunes lâchent le ventre (8s) ; néanmoins elleschargent l’estomac(8fi): mais ce sentiment de pesanteur est bien-tôt passé.
Les pêches font plus salutaires (87), de même que leur suc,soit qu’on le prenne seul, soit qu’on l’exprimedans du vin ou dansdu vinaigre. C’est de tous les fruits de cette espece le moins nui-Tome VIII. Q