HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. IZf
appliqué en Uniment , il dissipe les enflures ou tumeurs de larate (96), & soulage beaucoup dans les frissons (57). Mais il abientôt perdu sa vertu, se corrompt en très peu de tems (98).Le suc des mûriers d’Italie a aussi de très grandes propriétés (99).Pris dans du vin, c’est un puissant antidote contre l’aconit (100)&: la piquure des araignées. II lâche le ventre (101), évacue lesphlegmes , L-5 fait mourir toutes les especes de vers qui s’en-gendrent dans les intestins. L’écorce de l’arbre (101*), réduiteen poudre , produit aussi les mêmes effets. Les feuilles , cuitesdans de beau de pluie , avec de l’écorce de bois de vigne & defiguier noir, donnent une décoction qui a la propriété de noircirles cheveux (ioz). Le jus de mûres a une vertu laxative, qui oneretrès promptement. Ce fruit rafraîchit, mais pour l’instant (103);car il altéré ensuite : & il est assez bon â l’estomac dans le mo-ment même qu’on en mange ( 104) ; mais il y cause des gonfle-ments , fi on ne prend aussi-tôt après quelque autre nourriture ( 1 o j).Le jus de mûres vertes resserre le ventre (106). Au reste, ondiroit que cet arbre est doué d’une efpece de sentiment (107)qui le rend capable de précaution, comme nous savons déjaobservé, par rapport au tems où il commence à pousser.
On fait avec les mûres un médicament très salutaire , dit enGrec pankkrêflos (107*) , flomatìké (108), &: artcriakê. (109),
(106} Galien, ibid. Plinius Vale-rianus, liv. 2 , chap. 27.
(107) Allusion à cet autre passagede Pline, liv. 16 : Morus noviffima ar-borum germinat 3 nec n.ijì exacto frigore:ob id dictasapientijjìma arborum. Sedcum ccepit } in tantum universa germi-natio erumpit , ut una nocte peragat ,etiam cumstrepitu.
(107*) C’est-à-dire bon à tous maux.
(108) C’est-à-dire composition bonnepour la bouche.
(i 09) C’est-à-dire compostion bonne
pour la trachée artere. Voyez Actius ,Dise. 8, chap. 51. Nous avons déjaparlé de l’artériace au liv. 20 , ch. 20.L 'arteriace dont Pline donne ici lacomposition , est semblable à celledont Marcellus Empiricus donne leprocédé d’après Ptolomée Everge-res, chapitre 14, page 102. Voyezcinq autres médicaments , qui ontbeaucoup de ressemblance avec celui-ci , chez Plinius Valerianus, liv. 1 ,chap. 51. Voyez aussi Dioscoride,liv. 1 , chap. 182,