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Tome huitieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXIII. IZ 9

les donne en breuvage ; ce qui est; très bon encore pour le mêmeaccident. Le suc tiré de l’écorce de la racine , pris en breuvagedans du vin , ou dans de l’oxycrat , guérit ausli la piquure desscorpions.

Avant que de finir cet article, il est; bon de dire encore com-ment les Anciens compostaient le médicament que l’on appellestomatice , ou propre au traitement de la bouche. Ils prenoientdu jus de mûres vertes, 8c de celles qui étoient en maturité j 8cayant mêlé ces deux différents jus ensemble, ils les faisoient cuiredans un vaisseau d’airain, jusqu’à ce qu’ils fussent réduits en con-sistance de miel. Quelques-uns y ajoutoient de la myrrhe 8c ducyprès, 8 c faisoient cuire &: durcir ce mélange (111) au soleil,en le remuant trois fois le jour avec une spatule. C’étoit là legrand remede dont ils se servoient pour consolider les plaies. IIy avoir une autre maniéré encore, 8 c qui étoit beaucoup plus sim-ple : c’étoit de faire lécher le fruit (iiz), & d’eii tirer ensuite le jus.Cette liqueur étoit d’un grand usage, comme assaisonnement ,pour relever le goût des viandes ; 8 c étoit employée ausli commeremede , soit extérieurement, pour guérir les ulceres malins 8crongeants j soit intérieurement, pour faciliter l’expectoration dela pituite , 8 c dans tous les cas 011 il convient de fortifier lesviscères, 8 c de remédier à leur relâchement. On la croyoit mêmefort utile en gargarisme pour affermir 8 c conserver les dents (113),à cause de fa vertu astringente. Enfin, le troisième 8 c derniermédicament de cette efpece se faisoit avec le jus que l’on tiroirdes feuilles 8 c de la racine de mûrier cuites ensemble ( x 14) ; 8 cl’on mêloit de ce jus avec de l’huile pour rappliquer en linimentfur les brûlures. Ce remede ne paroît point à mépriser ; mais lesfeuilles, appliquées seules en pareil cas, ont aussi leur utilité. Quandon incise la racine de mûrier dans le tems des moissons ( 115 ) ,elle rend un suc qui est très bon pour le mal de dents, 8c pourles dépôts qui commencent à fe former, ou qui viennent en sup-puration ; outre qu’il peut encore être employé comme purgatif»Tome VIII. K