HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXIII. I37
fruits ont aussi leur utilité dans la toux & le crachement deàg.
Pour ce qui est du noyer, dit en Latin juglans (ay), les Grecsl’ont nommé karua (ay*) ; dénomination qui exprime la propriétémalfaisante qu’xl a d’affecter le cerveau. Effectivement , la va-peur forte 6c pénétrante de cet arbre 6c de ses feuilles (a6) ,porte à la tête, &: y cause des pesanteurs. II en est de mêmedes noix quand on en mange ; mais l’effet n’en est pas fi vio-lent (ay). Les noix nouvelles font plus agréables au goût queles feches (a8). Celles-ci font plus huileuses (2.9) ; mais elles fedigerent difficilement, 6c font mal à la tête 6c à l’estomac (30):elles font fur-tout très nuisibles à ceux qui toussent (31), ou quife provoquent à vomir le matin. Néanmoins elles conviennentdans le tenesme , parcequ’elles entraînent les phlegmes quandles intestins s’en trouvent engorgés. Les noix feches, mangées àjeun, font un préservatif pour ceux qui pourroient avaler ensuitequelque poison (z a) ; car elles en amortissent la force 6 c la mali-gnité. Appliquées avec de la rue 6c de l’huile , elles dissipentl’efquinancie (33). Etant mangées avec de l’oignon (34), elles encorrigent l’acrimonie , &: lui donnent une saveur plus douce &:plus agréable. On les emploie en cataplasme avec un peu de mielpour l’inflammation des oreilles; avec de la rue (33), pour lestumeurs des mamelles , ou pour les luxations ; 6c avec de l’oi-gnon (36), du sel 6c du miel , pour l^s morsures , soit des hom-mes , soit des chiens. On fe sert des coquilles de noix pourbrûler la cavité des dents qui fe trouvent cariées (37). Brû-lées 6c réduites en poudre dans de l’huile ou du vin, c’est untrcs bon Uniment pour faire croître les cheveux, 6c pour les ren-dre épais 6c bien fournis. II est en usage fur-tout pour les enfants,
(54) Dioscoride dit íU'cc dc Vaìl.(35) Dioscoride, ib id.
(5 6) Toijt cela est confirmé par Dios-
Tome FUI.
coride, ibid. &c parPliniusValerianus»liv. 3 , chap. 51.
(37) Dioscoride , ibid. MarcellusEmpiricus , chap. 6, p. 45.