HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIV. l6j
celui de teucrion. Ses feuilles font de la grandeur des feuilles de lamenthe, mais de la couleur de celles de chcne , 6c dentelées demême. I)'autres la nomment serrata , prétendant que fes décou-pures ont fait naître l'idée de la scie. Sa fleur est d’une couleur appro-chante de la pourpre ( 3 ). On cueille cette plante dans des lieux pier-reux (4), lorfqu’elle est en pleine feve ; 6c on l’emploie, tant euboisson, qu’en liniment, contre le venin des serpents (j). On s'easert aufli pour les maux d’estomac (6), pour la toux invétérée,pour la pituite qui s’attache à la gorge, dans les ruptures, les con-vulsions 6c les douleurs de côté (7). Elle consume la rate (8), faituriner, 6c provoque l’écoulement menstruel (9). C’est pourquoielle est souveraine dans le commencement de l’hydropisie (9*),où on la donne à la dose d’une poignée (10) en décoctiondans croishé mine s d’eau réduite au tiers. On en fait aussi des pastilles pourles usages dont nous venons de parler (11), en la broyant dansl’eau. Avec le miel, elle guérit encore les vomiques,& les ulceresinvétérés tendants à la putréfaction ( 1 z). On en fait une forte devin (13), qui est bon pour la poitrine. Le suc des feuilles, mêléavec de Fhuile, dissipe les nuages des yeux. On la prend dans unepréparation de vinaigre pour le mal de rate (14), & elle réchauffeles parties où on l’applique (13).
La plante nommée kkamœdaphnê (16) jette une feule tige à-peu-près de la hauteur d’une coudée, 6c fes feuilles font plus min-ces que celles du laurier. Elle produit une graine rouge annexéeaux feuilles (17)j 6c qui, fraîchement cueillie, sert en liniment
me le soutient le PereHardouin, con-tre les Editeurs qui font de adsupradicta le commencement d’une autrephrase.
(n) Dioscoride, ibïd. Theophraste,Hijl. liv. 9 , chap. 1 o.
(13) Dont on a parlé au livre 14,chap. 1 6.
(14) Dioscoride , ìbii.
(1 f) Dioscoride , ib id.
Tome VIII.
(1 6) C’est le lauréole ou bois-gentildes Modernes. Dioscoride, qui en ditles mêmes choses que Pline, ajouteque quelques-uns la nomment Ale~xandrea. Voyez Dioscoride, liv. 4 ,chap. 149.
(17) Je lis adnexum foliis , d’aprèsl’exprestìon de Dioscoride , t oie <pí\-xo/í em&ept/KiTa . , comparée à la leçonmanuscrite de Pline adnixum j que je
L 1