HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXIV. 2 . 8 /
donc il dic que la décoction guérie soudain les morsures des ser-pencs, en en étuvant la plaie. II ajoute que le suc de cette plante,étant répandu à terre ou sur lìierbe , si quelqu’un y touche enmarchant, ou pur hasard en est atteint, il meurt sans qu’on puissele sauver, tant la nature de ce venin est monstrueusement ma-ligne.
Outre cette herbe (y), Pythagore en cite une autre, qu’il dit êtrebonne contre les venins , & qu’il nomme aproxis. Sa racine prendfeu de loin, comme la naphthe dont nous avons parlé en trai-tant des merveilles de la Nature (6). Voici ce que ce Philosopheen écrit : -- S’il est survenu quelque maladie au corps humain» dans le te m s que l’aproxis étoit en fleur, les hommes, même» quoique guéris, s’en ressentent autant de fois que fleurit cette-- plante. Le froment , la ciguë Le la violette, ont la même» propriété ». Je n’ignore point que l’ouvrage que je viens deciter est attribué au Médecin Cléemporus ( 7 ) ; mais la tradition Lel’antiquité s’obstinent à en faire honneur à Pythagore. Ce quidonne même de l’aiitorité à ces sortes d’ouvrages, c’est quand unautre Ecrivain a jugé son propre travail digne d’ctre publié sousle nom d’un aussi grand homme. Au reste, qui peut croire queCléemporus ait fait une pareille supposition , lui qui a publiéd’autres ouvrages fous son propre nom ( 8 )?
Pour ce qui est de Démocrite,. il est certain que le livre deMagie ^Naturelle, intitulé Kheìrokmêta est de lui (9). Or ce Phi-losophe, qui, après Pythagore, a le plus étudié la doctrine desMages, ou les ouvrages de magie, rapporte des choses encoreplus étranges. Selon Démocrite, l’herbe nommée aglaophôtìs (io),
pourroit en supposer d’autres, com-me on peut en produire nombre d’e-xemples.
(9) C’est la leçon qu’il saur suivre ,comme le démontre M. le Comte Dela rbur-Rezzonico , ìbld. Cette mêmeleçon est indiquée par sédition de Ro-
me 1470, ainsi que le reconnoiíTenr ceclocte Critique, & le Pere Hardouinlui-même, encore que celui-ci ait né-gligé de la suivre dans son texte ,où on lit chirocmeta ; mais au moinss’y est il conformé dans ses notes.
(10) C’est - à - dire admiration des