HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXIV. 289
nom quelle a reçu de l’admiration des hommes pour la beautéde fa couleur, croît parmi les marbres de l’Arabie-, ce qui l’a faitencore appeller marmçruès. Les Mages s’en fervent quand ilsveulent évoquer les Dieux. L ’akkœmems qui a la couleur de l'am-bre (11), est fans feuilles. Elle naît dans la contrée de l’Indeappellée les Taradastiles (12). Sa racine, mise en pastilles, Sc ava-lée dans du vin pendant le jour, tourmente tellement la nuit lescoupables, en leur représentant fous diverses formes les Dieuxarmés pour leur châtiment , qu’ils confessent tous leurs crimes.On l’appelle encore hippophobade (13), parceque les juments lacraignent Sc sévirent. Le théombrotion (14), qui croît à la dis-tance de trente fchœnes du fleuve Khoafpès, représente les cou-leurs du paon, Sc l’odeur en est excellente. Les Rois de Persela mangent, ou en boivent le suc, pour toutes les incommoditésdu corps, Sc comme un préservatif contre l’inconstance de l’efprit.Elle est appellée femnion (15-), de l’ufage qu'en font les Souverainsdu pays. L’Arménie Sc la Cappadoce nourrissent une autre planteappellée adamantis (1 6 ), qu’il suffit de présenter aux lions pourles faire tomber à la renverse la gueule béante. Elle tire sonnom de fa dureté , qui est telle qu’on ne peut la broyer. \J Arianis tqui croît chez les Ariane s , est couleur de feu. On la cueille quandle soleil est au signe du Lion. Les bois frottés d’huile s’allumencpar le seul contact; de cette plante. La therionarque qu’on trouvedans la Cappadoce Sc dans la Mysie (17), engourdit toutes les bêtesféroces,& ellen’aimeà être arrosée que d’urine d’hyene. L 'JEtkio-pis{ 18) naît dans le district deMéroé, d’où elle est aussi nomméeMeroïs,. Sa feuille ressemble à celle de la laitue. Son suc, bu dansdu vin miellé, est souverain pour l’hydropisie. Uophiufa , qui croîc
(15) C’est-à-dire respectable , duGrec semnos , venerandus.
(i 6) C’est-à-dire qui ejl de la na-ture du diamant ou qui en a la dureté ,
Tome VilI.
(17) C'est-à-dire , qui assoupit ( ouengourdit) les serpents.
(18) Le Pere Hardouin atteste sa-voir vu au Jardin du Roi telle qu’elleest représentée'chez Dodonée, p. 148.
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