HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXV. 317
dont la méthode étolt attrayante , mais ne prouvoit autre choseque la difficulté de Fart ; car ils repréfenterent d’abord la figuredes plantes , &: décrivirent ensuite leurs divers effets. Mais lapeinture elle-même est trompeuse ; & dans cette multitude de cou-leurs qu exige l’imitation de la Nature , la diversité des mainsfait bien dégénérer la ressemblance. C’est peu, d’ailleurs, de re-présenter chacune de ces plantes considérée dans un seul âge (7*),puisqu’elles changent de'face dans les quatre saisons de Tannée.
C’est pour cela que les autres Médecins se sont bornés â par-ler des plantes5 que quelques-uns même, fans désigner leur figure,les ont indiquées nu ement par leurs noms, & qu’ils ont cru faireassez, pour ceux qui s’occupoient de leur recherche , d'en faireconnoître les propriétés &: les vertus ; ce qui n’est pas la connois-fance la plus difficile en ce genre. Pour nous , â Texception d’unpetit nombre de plantes, nous avons eu la satisfaction d’exami-ner les autres, aidés des lumières d’Antonius Castor , qui de no-tre te m s avoit le plus de réputation. Je les ai vues dans son petitjardin, où ce vieillard, âgé de plus de cent ans, fans avoir jamaiseu de maladies, & fans que lage eut altéré, ni fa mémoire, nifa vigueur , en avoit rassemblé un grand nombre. La connoissancedes plantes est aussi ce que TAntiquité paroît avoir le plus admiré. IIy a long-tems qu’on a trouvé le moyen de prédire les éclipses du so-leil de la lune , non seulement pour les jours &: les nuits ,mais encore pour l’heure précise à laquelle elles doivent arriver.Cependant la plus grande partie du peuple persiste à croire quellesfont Touvrage d’enchantements opérés par la vertu des herbesmagiques, & que les femmespossedent éminemment cette science.Quelle contrée n’est pas remplie des fables de la Médée de Col-khos, d’autres magiciennes, & fur-tout de notre Circé d’Italie,qui même a été mise au rang des Divinités. C’est de là, je pense,qu’Eschyle, Tun des plus anciens Poètes de la Grece, a écrit quel’Italie étoit couverte d’herbes très puissantes (8). Tels étoient enester les monts Circéens, que cette magicienne habitoit ; &. la