HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXV. Z ^9
Les Médecins nommèrent ces deux accidents stomakakê (2)èc skdetyrbê ( z ). On en trouva le remede dans la plante appelléeBritannica (4), qui n’est pas feulement salutaire aux nerfs & aux
Britannica , qui n’a , comme PlineJ'observe, aucun rapport avec la Gran-de-Bretagne, Lipse, dans son Com-mentaire sur les Annales de Tacite,liv. r, p. ;o , le dérive de Bretanche -heyde : c’est le nom de certains ma-rais situés, dit-il, non procul Amisiafiumìne , inter Lingam Wed.dani , &Coevordam. Mutring, p. izl , prétendque cette dénomination, à en cher-cher la source dans la langue du pays,vient des trois mots Cimbriqucs Brit,consolido ; tan, densum ; Sc ika , ejec-tio. Cette explication ne plaît, ni àM. le Comte de la Tour Rezzonico,ni au Pere Hardouin. Quoi qu’il ensoit, je suis tenté de croire que cettedénomination a été donnée à l’herbeen question, par rapport au malqu’elleguérit, & non par rapport à la curequelle opere : je veux dire qu’elle estainsi nommée parcequ’elle remédieconcujsis & frachs dentibus. Racine ,tann , dent; Sc Brita , frangere , di-videre 3 Brtttan , conterere , &c. dansla plupart des langues du Nord. Surquoi consultez le doòte Jean Ihre ,p. 285,280, 856 & 857. Or, c’estallez l’usage de donner aux plan-tes un nom tiré des maladies pour les-quelles on les emploie ; témoin l’herbeaux teigneux , l’herbe aux puces, &c.Au reste, si je m’écarte de Texplica-tion de Mutting, c’est qu’il me paroîteu vraisemblable, que tout soit Cim-rique dans la dénomination Britan-nica. La désinence ica appartient pres-que évidemment à la langue Latine :
on voir que c’est un mot barbare, la-tinisé au moyen d’une terminaisonRomaine. 11 ne reste plus que Brit tetann , mots dont j’ai donné une expli-cation appuyée de plus de preuves quecelle que donne Mutting. C’est cedont on se convaincra si l’on consultele docte Jean Ihre aux mots Brita ScTand, pages citées plus haut. J’entredans cette discussion, pareeque je con-sidere que le Pere Hardouin rejettel’explication de Mutting, sans en ap-porter aucune raison ; ce qui n’est pasd’une juste critique ; Sc que d’autrepart M. le Comte de la Tout Rezzo-nico rejette cette même explication,par Tunique scrupule de recourir à desracinesCimbriques , dans Tanalyse dumot Britannica. Mais je me permet-trai d’observer, contre le sentiment decet illustre Commentateur de Pline,qu’il est très probable que les Romainsont adopté le nom que ceux de Friseavoient donné en langue Cimbriqueà la plante qu’il s leur indiquèrentcontre les ravages du scorbut ; que lesRomains, dis-je , ne firentqu’ajouterune terminaison Latine à cette déno-mination Ceíto- Germanique. C’estdonc bien évidemment dans les idio-mes Celto Germaniques qu’il est rai-sonnable de chercher les racines & lasignification du mot Britannica : Sc siPline eût connu ces idiomes, il se se-roit épargné ici toute recherche d’au-tre genre, comme Mutting est fondéà le soutenir. Je doute au surplus quece soit bien sérieusement, que M. le
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