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Tome huitieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXV. Z4Z

deux générations avant nous, que les tourments que fait ressentirla pierre étoient les plus cruels de tous, par les douleurs quecause Furine en distillant goutte à goutte; qu’ensuite c’étoient lesmaux d’estomac, & en troisième lieu les maladies de la tête, lesautres causant rarement la mort. Je m’étonne que les Grecs aientpris la peine de faire connoître jusqu aux herbes malfaisantes ;&: ne fuis pas autant surpris qu il nous aient fait connoître lesplantes venimeuses (8), puisque telle est la condition de la vie,que la mort est souvent le port le plus sûr contre les maux quinous poursuivent (9). D’ailleurs Marcus Varron rapporte que Ser-vius Clodius, Chevalier Romain, étant attaqué de la goutte, futforcé par la violence du mal, de fe frotter les jambes avec dessucs venimeux (10), &: que cette partie‘resta dans la fuite fansaucun sentiment (n), comme fans douleur. Mais comment fefont-ils permis de donner la connoissance des herbes avec lesquel-les on peut aliéner Fesprit, détruire un enfant dans le ventre defa mere, opérer d’autres horreurs de ce genre? pour moi je neparle ici ni des plantes qui font avorter (12), ni même de cellesqui fervent à inspirer de Famour, me souvenant que Lucullus,un de nos plus grands Capitaines, est mort par Fesset d'un phil-tre (13). En un mot, il ne m’arvive même point de parler des-

(10) Avec de la ciguë, observe lePereHardouin.

(11) Jean Frcbenius, fameux Im-primeur de Laie, i'enccit une vive dou-leur au talon droit; il consulta Para-celse. Celui-ci fit palier le vice du ta-lon aux doigts du pied , que Frobe-nius ne put jamais fléchir, quoiqu’iln’y sentît aucune douleur. On ignorequelle recette Paracelse employa ;il y a apparence qu’elle avoir quelqueanalogie avec celle qu’employa ServiusClodius, selon Varron & Pline.

(12) Pline a parlé de- la sabine &

des autres plantes propres à Favorte-mënt, dans le livre précédent.

(1 3) Ce fut Callisthene, son Affran-chi, qui lui fit prendre ce philtre, dans-Fintention de faire croître la passionqu’il lui avoir inspirée. Ce br;euvage'roubla d’abord Fesprit de Lucullus,& la mort suivit de près l’aliénation.Voyez Plutarque , vie de ce Capi-taine, p. 520. Le Pere Hardouin au-roit dû observer qu’un philtre sem-blable , donné, dans la même inten-tion, au Poète Lucrèce, par fa fem-me , ou par une maîtresse, le fit pareil-