HISTOIRE NATURELLE, LI V. XXV. 347
bile Herboriste, qui m’assuroit que cette plante croist'oic en Italie,Sc qui m’en fit apporcer en ester quelques jours après de la Cam-panie (6), qu’on avoit tirée difficilement d’un terrein pierreux. Saracine avoir trente pieds de longueur, Sc pourtant en cet étatelle n’étoit point encore entiere, mais tronquée.
La plante la plus estimée après le moly est celle qu’on nommedodeca-theôn (7), Sc dans laquelle on veut, ce semble, nous fairerespecter la majesté des Dieux. On dit que son suc, bu dans del’eau, guérit toutes les maladies. Elle porte sept feuilles qui res-semblent à celles de la laitue , Sc qui sortent dune racine jaune.
L’herbe nommée Pœonia (8), est celle dont la découverte est laplus ancienne (9). Elle porte le nom de son Auteur 5 mais elle estappellée par quelques-uns (10 )pentorobos (n), Sc par d’autres glu.kyjìdê (n).C’est encore une des difficultés de la Botanique , queles mêmes plantes aient ailleurs que chez nous des noms difte-rents selon les diverses contrées. Celle-ci croît fur les montagnesbien meublées de bois. Sa tige a quatre doigts entre chacun desnœuds , d’où sorten: ses feuilles ; elle porte à son sommet quatreou cinq fruits qui ressemblent aux noix grecques ; Sc l’on trouveau dedans beaucoua de graine rouge Sc noire (13). La Preonia estun préservatif contre les illusions nocturnes qu’on croit causéespar les Dieux Faunes (14), pendant le sommeil, On recommande
sorte de pépins doux , & qui resiêm- * Dieux nocturnes , auliv. 30 , chap. 10.blent à ceux de la grenade. **Ce nom de Faunes , donné aux illu-
(13) Dioscoride , ib'.d. AóCnç S'I n- fions nocturnes, me paroît avoir fa
vaç , &c. Summo caule fert siliquasquasdam , veluti grœcas nuces : quibusdehiscentibus grana multa rubentiaparva , acinis Punicorum similia inve-niuntur : <$* inter hnc media quinqueaut fex j nigra 3 purpurea.
(14) Contre les oppressions nom-mées cochemar, incubes , &c., donton attribuent la cause aux Faunes , quePline nomme pour cette raison les
racine dans un ancien mot Celtique,qui eíkfond j & qui se prononce au-jourd’hui vond en Belgique , fund enSuédois, & dans les diverses languesdérivées du Gothique, où il signifieillusion j dole 3 surprise , tromperie , &c.Observez auísi que le démon, ou mau-vais génie , se dit dans ces mêmes lan-gues , du moins en Suédois , fanen 3en Anglo-Saxon , feond & fend 3 eu
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