HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXV. 3 J7
lui donnent le nom &hermoupoa (3), ôc quelle n’a point d’autrenom Latin que mercurialis. II y en a de deux genres : le mâle &cla femelle (4). La meilleure est celle dont la tige a la hauteurd’une coudée, & qui a quelquefois à son sommet plusieurs bran-ches, avec des feuilles plus petites que celles du basilic. Elle estremplie de noeuds ôc de petites cavités ou aisselles aux endroitsd’ou sortent fes rejets, & fa graine est pendante au coeur de sesnœuds. Cette graine dans la femelle abonde davantage, est blan-che &: fort menue dans le mâle elle est courte, recourbée, enpetite quantité, &: attachée à côté des nœuds. Les feuilles de cedernier font aussi plus noires, & celles de la femelle plus blanches.La racine est fort. petite; on n'en lait point d’ufage. La mercu-riale naît dans les campagnes cultivées (y). On raconte, tant dumâle que de la femelle , une particularité merveilleuse 5 o est, dit -on , que le mâle fait engendrer des enfants mâles ( 6 ) , & lafemelle des filles j esset qu on obtient (7), à ce qu’on prétend, si àl’instant de la conception la femme boit le suc de la plante dansdu vin fait avec des raisins cuits, au soleil, ou si elle en mangedes feuilles, soit cuites, avec de l’huile & du sel, soit crues avecdu vinaigre. Quelques-uns la font bouillir dans un vaisseau deterre neuf avec une héliotrope, & deux ou trois épis de bled,jusqu a ce quelle soit bien cuite. Ils en font prendre la décoctionaux femmes, & même leur donnent l’herbe même, le second jourde leurs purgations périodiques, êc continuent cette pratique pen-dant trois jours. Le quatrième ils prescrivent aux femmes de Rappro-cher de leurs maris au sortir du bain. Hippocrate vante beaucoup les
qui ressemble presque entièrement àla précédente , en dissere par ses effets,lesquels, selon M. Valmont de Bo-mare, sont aullì dangereux que ceuxdu ricin.
(6) La mercuriale à laquelle les An-ciens attribuoient la vertu de faire en-
gendrer des garçons , est précisémentla vraie mercuriale femelle des Moder-nes ; considération qui suffit pour ren-dre l’assertion des Anciens très sus-pecte. Voyez ce qui a été dit note 4.
(7) Dioscoride, ibïd.