HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXV. Z 67
celui à Pont:; le troisième est celui d’Elée (46), qui croît, dit-on ,dans les vignes ; le quatrième est celui du Parnasse que la commo-dité du voisinage fait sophistiquer avec celui d’Etolie. De ces dif-férentes efpecesj le noir seul est appellé melampodion { 47). Onparfume de celui-ci les maisons; on en répand pour purifier lebétail (48), en y joignant des paroles. On le cueille encore aveccertaines cérémonies : car on trace d abord autour de la plante uncercle avec une épée (49), ensuite celui qui doit la couper fe tournevers l'O rient, fait (y o) une priere (51), bc demande pour cetteopération l’agrément des Dieux; & il observe de quel côté i’aiglevole ( j z), parcequil en paroît preíque toujours quelqu’un lorf-qu’on récolte cette herbe. Si l’aigle vole près du récoltent, c’est unprésage qu’il mourra dans Tannée. On ne cueille point non plus Hellé-bore blanc (55) Pans quelques préliminaires qui gênent la facilitéde l’opération ; car cette efpece appesantit la tête, si l’on n’a pasla précaution de manger auparavant de l’ail, de boire du vin par-dessus, & de fouiller promptement la terre. L’ellébore noir estappellé par quelques-uns eclomon (54), bc par d’autres polyrrhi-\on (ss). II purge par en bas, bc le blanc par les premieresvoies (yfi); ce qui emporte la cause des maladies (57). Ce remede >redoutable autrefois, est devenu si familier qu’un grand nombred’hommes studieux en ont fait un fréquent usage pour acquérirplus d’activité, de sagacité même dans leurs travaux littéraires*II est certain que Carneade en prit (y 8), pour répondre aux écrits
tis libris entomon : in Mffi. eucymon ,utrumque perverse.
(55) C’est-cà-dire à racines multi-plie. s.
(56) Diofcoride , ibid liv. 4, cha-pitre 15 o : Ka 6 a.ípíi cTs, &c. Purgat vo-mitionibus j vani coloris humores ex-trahens. Ce qui est aulli confirmé parMarcellus Empiricus, chapitre zo,P- 11.
(57) On lit la même chose chezAulu-Gelle, liv. 17 , chap. i ;, p. 668.
(58; Aulu-Gelle, ibid. Valere Ma-xime , livre 8 , chapitre 7, n°. 5 1Carneades , cum Chrysippo disputaturus telleboro se ante purgabat , ad exprimen-dum ingenium suum attentius , & illiusrefellendum acrius : quas potiones indus-tria solida laudis cupidis efficit appe-tendas.