HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXV. 379
La polemônia (7), que d’autres appellent phdet.tr ia a reçu ccdouble nom de la contestation des Rois (8) qui s’cn font disputéla découverte (9). Les Cappadociens la nomment kìuhodynama ,c’est-à-dire plante aux mille puijsances. Elle a la racine épaisse,des branches déliées, à l’extrémité dcsquelles pend une forte degrappe; fa graine est noire : & pour le reste elle ressemble à larue ( 1 o). Elle croît dans les terreins montueux.
L’eupatoire est encore illustrée par le nom d’un Roi (11). Cetteplante a la tige ligneuse (12) , d’un brun noir , hérissée , d’unecoudée de hauteur , & quelquefois plus. Ses feuilles, disposéesd’efpace en espace (13), &C découpées en cinq parties, ressem-blent à celles de la quintefeuille ou d u chanvre : elles font demême noirâtres &t velues. On ne fait aucun usage de la racine.Sa graine, prise dans du vin, foulage extrêmement ceux qui fontattaqués de dysenteries.
On dit que Chiron , maniant les armes d’Hercule qu’il avoit reçuchez lui, fut blessé d’une de fes íîeches qui lui tomba fur le pied, & qu’ilfut guéri par l’applicationde l’herbe appellée centaurée (14}, que quel-ques-uns , par rapport à cette tradition, nomment aussi chironion. Lesfeuilles de cette plante font plus larges que longues, dentelées toutautour &. toustues dès la racine. Les tiges font hautes de trois cou-dées, & garnies de nœuds qui poussent des têtes comme celles despavots (1 y;. Sa racine s’étend jusqu à deux coudées de largeur; elleest rougeâtre, tendre, caflante, pleine de suc, & amere, mais avec
Foliis per intervalla quinquepartito utplurimum , aut etiam amplius divisis ,quinquefoliis aut cannabis potius simi-libus , nigricantibus & ipfis 3 ac per am-bitum ferre, modo incisis.
(14') Le Pere Hardouin décide quec’est la grande centaurée ( centauriummagnum) de Dodonée , p. 331. An-guiìlara observe que cette plante estfréquente dans la Fouille, où ceux du
lieu 1 ’appellent rapontico. Voyez An-guillara, part. 1 2 , p. 194. Apulée,chap 34 , l’appelle Centaurium 3 ¢auria. Virgile l’appelle au neutre,& a dit de cette plante graveolentiacentaurea.
(15) Dioícoride , ibid. ne fait pointmention de ces nœuds. Du reste toutela description qu’il donne de la planteest conforme à celle de notre Auteur.
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