HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXV. Z 8/
tendre (7), d’un pouce de grosseur, creuse & vide , garnie defeuilies par intervalles, & qui s’éleve quelquefois à la hauteur detrois coudées, la racine flexible, noirâtre ôó fans odeur (8). Ellecroît abondamment aux pieds des Alpes dans des endroits aquati-ques. On fait usage de la racine & du suc (j>). La propriété dela racine est d’ctre chaude j mais les femmes enceintes n’en doi-vent point user en boisson (10).
Le ssoi Lyíìmaque ( 11 ) a aussi trouvé une plante ; c’est celle qui,de lui, a été nommée Lyfimakhia , & qu’Eraíistrate a rendu célé-bré. Celle-ci a des feuilles qui tirent fur le verd du saule ( 1 r),une fleur rouge, beaucoup cle rejets, de petites branches toutesdroites, une odeur forte (13); & elle croît dans les lieux aquati-ques (14). Elle a, dit-on, une telle vertu, qu’attachée au joug d’unchavriot ou d’une charrue , traînée par des bêtes peu d’accord en-tre elles, elle réprime leur mutinerie.
Les femmes ont voulu participer â l’honneur de donner leurnom à des plantes. Telle, entre autres, fut Artemife, femme deMausole , laquelle adopta l’herbe nommée auparavant parthe-nis (1 s). Quelques-uns croient quelle a reçu le nom òlartemi*fia {16j d’Artemis ou Diane ilithyia , parcequ’elle est employée
Harpocration, p. 48 , St chez Tzetzès,Chiliad. 12 ., en ont connu deux espe-ces, toutes deux ainsi nommées, l’uned’une ancienne Artemife Reine de Ca-rie & femme d’Ecatomnus, l’autre dela derniere Arremife aussi Reine deCarie & femme de Mausole. Hippo-crate n’a pu parler que de Tanciennearmoise, puisqu’il étoit antérieur deplusieurs générations à la femme deMausole. Celle dont Hippocrate aparlé & dont Pline traite ici en pre-mier, est probablement notre armoisevulgaire, ou artemïjia vulgaris major 3en Ânglois mugwort ; & dont on peutvoir la figure chez Lobel , Obferv.
Terne FUI.
p. 441 ; figure vérifiée au Jardin du Roipar le Pere Hardouin. A l’égard de laseconde armoise à laquelle Artemifefemme de Àlausole a donné son nom(car, n’en déplaise à Pline , c’est uneautre Artemife qui a donné son nomà l’armoise d’Hippocrate ) nous ne con-noissons point en France cette especeparticulière , à feuilles très menues, &:dont le régime est de ne venir quedans les endroits maritimes. II en fautdire autant de l’espece qui, au con-traire , vient au milieu des terres ,& qui, selon Pline, se voie en Cappa-doce.
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