HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXV. 461
engorgées de sang, elles tendroient à la putréfaction. La grainede la même plante guérit les abcès & le gonflement des genci-ves. L’aristoloche raffermit les gencives & les dents (85). On mâ-che encore la verveine avec fa racine , & cuite dans du vin oudu vinaigre ; Sc on fe lave la bouche avec son soc. Les racines dela quinteseuille (86), cuites aufïì dans du vin ou du vinaigre, àla réduction de deux tiers, servent au même usage ; mais avant deles faire cuire , on les lave dans de l'eau de mer, ou salée. II fautgarder cette décoction long-tems dans la bouche. D’autres aimentmieux se frotter les dents avec la cendre de la plante. La racinedu verbascum (87), ou bouillon blanc, se cuit de même dans duvin, pour en bassiner les dents (88). On se lave encore la bou-che avec rhyssope, Sc avec le suc du peucedanum (89), mêlé ausuc de pavot. Le suc des racines de Xanagallis , Sc préférable-ment celui de Xanagallís femelle, s’injecte, pour le même effet,dans la narine opposée au côté des dents où l'on fentdu mal (90).
L ’êrígeron est appellée par nos Herboristes senecio , séneçon (91 ).On dit que, si après avoir tracé autour de cette plante un cer-cle avec un instrument de fer , Sc savoir déracinée, on en tou-che la dent malade , en crachant trois fois alternativement, qu’en-íuite on remette la plante dans le trou d’où on l’a tirée , de ma-niéré quelle reprenne, on n’aura jamais mal à cette dent. Cetteherbe a la figure Sc la mollesse de la germandrée (92.) , avec depetites tiges rougeâtres. Elle croît sor les toits Sc dans ' les murs.Les grecs l’ont nommée êrigeron (93), parcequ’elle blanchit auprintems. Sa tête est sillonnée par un duvet touffu, tel que celuides plantes épineuses (94), qui fbrtd’entre les ouvertures. C’estpour-
(92) Cette description est conformeá celle de Dioscoride, liv. 4, ch. 07.
(95) Comme qui diroit npi ou sepyipuv , vere canescens. Voyez Apulée »chap. 75.
(94) 11 désigne ici principalement
l’épine solstitiale , dépeinte par Do-donée, p. 722 3 ou bien, sous le nomd’épine , il entend le genre du char-don , qui comprend un grand nombrede plantes à tcte Sc à feuilles piquan-tes.