HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXVI. 479
devient peu à peu le meilleur maître en toutes choses, & par-ticulièrement en matière de médecine. 11 étoit d’ailleurs bien plusagréable a ceux qui suivoient les leçons de ces Médecins , d'al-ler s’aíseoir sur les bancs de leur école pour les entendre à Taise,que de parcourir les campagnes, pour chercher telles ou tellesplantes, en telles saisons de Tannée^
De la nouvelle Médecine : du Médecin Ásclépiade qui aintroduit la nouvelle méthode : comment il vint a bout dediscréditer la Médecine ancienne ,
Cependant l’ancienne méthode se maintenoit dans toutefa vigueur ; & elle avoir en fa saveur de grands témoignages àrevendiquer, lorsque du rems du grand Pompée , le Rhéteur As-clépiade ( 1), qui ne tiroir pas de fart de l’éloquence assez de pro-fit à son gré, mais que la sagacité de son esprit rendoit propre àtoute autre chose qu’aux déclamations du Barreau , se tourna tout-à-coup à la médecine. Le seul parti qu’il y eut pour un hommequi ne l’avoir point pratiquée , 8 c à qui sur-tout il man quoi t laconnoissance des remedes , quon ne peut se procurer que par lesyeux & Tissage , il le prit : ce fut de renoncer a toutes les mé-thodes reçues ; de discourir beaucoup pour flatter les malades,&C de ne parler jamais fans préparation ; de rappelles toute lamédecine à la recherche des causes de chaque maladie, & de larendre toute conjecturale. Sa méthode rouloit principalement furcinq moyens de cotation généraux qu’il nommoit les secours com-muns (2.). Ces moyens étoient l’abíìinence des aliments, & quel-quetois celle du vin , les fréquentes frictions du corps, & l’exer-ciie, soit à pied, soit en litiere (3). Or comme évidemment cha-cun pouvoit se procurer soi-même ces fortes de secours, tout lemonde s’intéressant au succès de remedes íì faciles & fi simples,,íl tourna fur lui les yeux de presque tout le genre humain, ÒZ sefit regarder comme un homme envoyé du cieL