HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVI. 519
le petit doigt, remplie de tubercules caverneux, semblables auxfilets des polypes, d'un goût doucereux. Elle croît parmi lespierres, ou fous les vieux arbres. On en tire le suc après savoirfait tremper dans de seau (75). On la hache aussi fort menue, &on la prend dans un bouillon de légumes, dans une eau de mauveou de bette, ou dans quelque assaisonnement. On la fait cuireencore dans du potage , ou du gruau , pour tenir seulement leventre libre, même dans la fievre. Elle fait sortir la bile &: leseaux (76) ; mais elle incommode l’estomac. Séchée &; mise enpoudre , on sintroduit dans les narines, ce remede ayant la vertude détruire les polypes du nez ( 77 ). Elle 11e porte ni graine nifleur (77*).
La scammonée évacue aussi la bile (78), & relâche le ventre ;mais assoiblit beaucoup sestomac, à moins que l’on n’y ajoute furle poids de deux oboles, deux dragmes d’aloës (79). Cette drogueest le suc (80) d’une plante (81) qui pousse de fa racine des bran-ches , avec des feuilles grasses, triangulaires òc blanches , &. dontla racine est épaisse Sd humide, & cause des nausées. Elle croîtdans une terre blanche & grasse. Vers le commencement de laCanicule, on creuse avec un couteau sa racine , afin que le sucs’amasse abondamment dans le trou. On fait sécher ce suc au so-leil , qui sépaissit, & on en fait des pastilles. On fait aussi sécherla plante même, ou son écorce. La scammonée la plus estimée (82.)est celle qui vient de Colophon , de Mysie , de Priene. Elle estluisante, & ressemble beaucoup à la colle-forte. Elle est aussi fon-gueuse & percée de très petits trous ; se liquéfie promptement;
semijfis : una teruntur hac : adjiciturmellis quod fatis fit ad colliganda ea :datur ex aqua calida vel frigida cya-this quatuor : hoc medicamentum jlo-machum non corrumpit.
(,8o) Ceci est conforme à ce qu’onlit chez Dioscoride du suc de la scam-monia } liy. 4, chap. 171.
(81) C’est la scammonée des Moder-nes. Voyez fa figure chez Dodonée,p. 387.
(82) Tout cela est confirmé parDioscoride, ibidem ; & par l’Auteurdu livre de Simp. Med. ad Patern.tome 13 ; des (Euvres de Galien ,p. 1000,