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Tome huitieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I Y. XXVI. jlf

Sa graine se recueille (95) avec ses sommités en automne (96).On la fait sécher au soleil; on l’écosse, & on la met en réserve.Quant à son suc, auslì-tôt que les fruits commencent à se cotoner,on l’exprime des branches qu on arrache, &£ on le fait tomber furde la farine d’ers, ou fur des figues, pour qu’il feche avec cesingrédients. II suffit que chaque figue puiíle en recevoir cinqgouttes (97). On prétend que les hydropiques à qui l'on faitavaler une de ces figues pour les purger, font autant de selles quele fruit a reçu de gouttes de lait. Lorfqu’on ramasse ce suc, il fautbien prendre garde qu’il n’en rejaillisse point dans les yeux (98). Onen tire auífi des feuilles en les pilant; mais il a moins de vertu quele premier. On fait encore une décoction des branches. La graine,cuite avec du miel, s’emploie en pilules pour relâcher le ventre.On en remplit auífi les dents creuses avec de la cire (99). Onfrotte enfin les dents malades avec la décoction de la racine (100),où l’on a mêlé du vin ou de l’huile. Le suc du tithymale sert àétuver les dartres ( x o 1 ), Ôc on le boit pour fe purger tant parles premieres voies que par bas. Mais il n’est pas bon pour l'eí-tomac. Pris en boisson, il évacue les sérosités, en y ajoutant dusol; & la bile, en y mêlant de l’écume de nitre. Si l’on veut fepurger par bas (101), on le prend dans de l’oxymel ; & dans duvin cuit, ou de l’eau miellée, si l’on veut vomir. La dosemoyenne, en potion, est le poids de trois oboles. La meilleuremaniéré est d’avaler immédiatement après le repas, quelques figuesimbibées de ce suc. II laisse dans la gorge quelque sentiment dechaleur adurante (103); ce qui ne doit pas surprendre, puifqu’ilest dune qualité lì brûlante, qu appliqué seul fur un endroit ducorps, il y fait élever des cloches, comme le feu, & qu’il sert decaustique.

II est un autre genre de tithymale (104), appellé myrjìnitês ( 1 o y )

me l’appellent, non seulement l’indicedu livre, ma;s encore Apulée & Theo-phraste ? Hijl. liv. 9 , chap. 1 1. Quoi

qu’il en soit, c’est le myrjìnitês legiti-mus ûthymalus dont Clusius donne lafigure, liar. Plant. liv. 6 , p. 1 89;V V vij