2.6 NATURALIS HISTORIA L I B. XXXVI.
decimo volumine diximus. Aiunt binos inveniri, marem& feminam. Nec fine iis parere, quas diximus, aquilas:
caution encore plus recherchée , &même plus savante II faut, selon cetObservateur attentif , qu’on attachecette pierre sur la poitrine , de façonquelle soit dans l'alignement de l’ar-rere du doigt annulaire. Les Auteursqui reconnoissent la vertu de la pierred’aigle , ne font pas tous aussi scrupu-leux que Mizault, ils s’en tiennentà ce que les premiers Naturalistes ontpensé. On ne voir qu’avec surprise• dans le Traité de Bauschius le cata-logue des Auteurs qui ont adhéré à cesentiment ; parmi ces Auteurs , lesnnssont des plus grands Naturalistes,comme Agricola, Aldrovande, Wor-mius, d’autres font de très habilesMédecins, Sc dont quelques uns fontdistingués par leur goût pour les ob-servations , comme Abattomari, Mer-curial , Foreflus , Plater , Piton,Sennerr, & quantité d’autres. Plusieursdeces Ecrivains cependant exigent uneprécaution qui les rapproche de Mi-zault , par rapport aux circonstancesscrupuleuses de cette opération. 11sn’exig'ent pas seulement que la pierresoit attachée à la cuisse , comme levouloir Dioscoride j mais il faut, se-lon eux, que ce foità lacuisse droite.
De pareilles attentions font certai-nement ridicules : comment conce-voir qu’une pierre ait la vertu de pro-duire un effet contraire , en ne faisantque des changements aussi peu consi-dérables que ceux que l’on demande ?Qu’imporreroit que cette pierre, si favertu étoit réelle , fût suspendue àdroite ou à gauche, en haut ou enbas? dira-t on avec quelques Auteurs,
que cette pierre est, pour les animaux,une espece d’aimant, & qu’ainsi, sui-vant sa situation relative au fétus,elle le tire en haut ou en bas , &quelle produit ainsi les deux effetsqu’on lui attribue ? mais que feroir àla sortie heureuse du fétus l’autre pré-caution? La matrice est-elleplus diri-gée à droite qu’à gauche ? En vérité ,l’on craint, en réfutant de sembla-bles opinions, de passer foi mêmepour ridicule. Mais qui saura com-bien ce préjugé est encore enraciné denos jours, combien il y a encore defemmes qui ont une confiance danscette pierre, ne trouvera pas ces cour-tes réfléxions déplacées ici, puisquesur tout il s’agit d'apprécier un Au-teur dont les écrits lonr une sourceféconde , qui a inondé les espritsd’une quantité de préjugés, qui neseront pas encore h - tôt détruits qcelui dont il s’agit ici a été entretenu ,fomenté , augmenté même par lesAuteurs postérieurs à Pline , Sc dontquelques unsnel’établiffentpasmoinsque fur des observations répétées ,constatées , & sérieusement exami-nées, Pour en rapporter une , Le vin usLemnius, Médecin de Ziri^œi,. quisentoit apparemment qu’une pareilleopinion ne pouvoir se soutenir qu’au»tant quelle étoit appuyée d’observa-tions , nous a 1 aille 1 histoire d’unefemme qui, ayant porté cette pierresuspendue sursa poitrine avec la pré-caution demandée par Mizault, neput accoucher qu’en ôtant cette pierrede cet endroit, & en l’attachant à lacuííîe. Dès lors i’enfant se dirigea