HISTOIRE NATURE L LEjLI Y. XXXVI. 49
rons ici de la pierre-poiice proprement dite, de celle dont lesfemmes , &: puifqu’il faut le dire , les hommes même fe fer-vent pour fe rendre la peau plus unie; de celle enfin qui sertLux Relieurs de livres, comme lobferve Catulle. Les plus re-
tation en mouvement ; il prétend auílìque ce feu, conjointement avec l’eaude la mer, qui s’imroduit dans l’in-térieur de cette île , est la cause quicombine les matières , dont l’alun &cle soufre , qui font si communs dansMilo, font composés. On a rapportéd'autre part les observations de M. deTournefort, ii suffit ici de les avoirrappellées , pour faire voir que cetteîle est une efpece de volcan , qui aprobablement jette autrefois des stam-inés , & les pierres-ponces dont Plineparle. M. de Tournefort garde cepen-dant le silence fur ces pierres , maisce quil dit doit suffire pour confirmerîe rapport de Pline , le peu que M. deTournefort dit sur Scyro , ou Skyros ,■ne paraîtra peut-être pas auílì con-vaincant aux autres qu’à moi , pourl’existence de volcans éteints danscette île. Le village que cette île ren-ferme , & qui est le seul qu’elle ait,est bâti sur un rocher bien escarpé for-mé en pain de sucre. La forme de cettemontagne me paroîtdémontrer, qu’el-le a été un volcan , cette forme étantcelle des montagnes qui ont brûlépendant du tems. Si l’on joint à cetteremarque, ce que Dapper rapporteje crois d’après Pline, qu il y a danscerte île une pierre qui flotte fur Peau,je pense que l’on doit être convaincuque cette île a eu quelque volcan. Jeaie rappellerai pas que le nom de cetteîle signifie en grec un lieu rempli depierre , & d’un difficile accès, comme
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font ordinairement ceux où il y a desvolcans. Les îles de Lipari, qui fontles îles Eoliennes de Pline, font con-nues de tous les Naturalistes , pouravoir brûlé & être remplies de pierresde volcan , de bitume, de soufre, d’a-lun & d’eaux chaudes qui se rencon-trent communément dans les pays quiont actuellement ou qui ont eu desvolcans, comme on l’a pu voir au livresecond. Tous les autres volcans , dontil a été parlé dans cet endroit, pour-roient donc fournir de ces pierres, 8rpeut-être d’auffi bonnes que celles desîles dont il est parlé dans Pline , quiprétend que ces îles donnoient lesmeilleures. Les nôtres que nous tirons,ne paroilfent pas inférieures à cellesde Pline. Les usages que nous en fai-sons maintenant en Médecine , fontles mêmes que ceux que Pline rap-porte j nous la préparons seulementun peu différemment : au lieu de l’é-teindredans du vin , après savoir te*calcinée trois ou quarte fois entre descharbons , comme les Anciens fai-foient, nous ne la jetrons que dansde l’eau, suivant le procédé décrit dansle Dispensaire de la Faculté de Méde-cine de Paris. Après ces différentescalcinations , cette pierre n’est pres-que plus qu’une terre absorbante &propre à dessécher les ulceres & leslarmoyements. Elle peut aussi en cettequalité entrer dans les pommades pourles dents ; l’ufage de cette pierre n’estpourtant plus aussi considérable qu’il
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