HISTOIRE NATURELLE, LI V. XXXVI. ji
nommées d’entre ces pierres-ponces font celles de Melos, de Ni-syre& des iíles Eoliennes. Leur épreuve est d’être blanches, trèslégeres, extrêmement poreuses, arides, faciles à broyer, & friablesfans gravier. Leur vertu médicale est d’être exténuativessic-catives. On ne les emploie à cet effet, qu’après les avoir calci-nées trois fois, réduites enfin en un charbon bien pur, & les avoiréteintes chaque fois avec du vin blanc. Ensuite on les lave,comme la cadmie, on les fait sécher, & on les renferme dansdes vases dans le lieu le moins humide qu il est possible de trou-ver. Cette poudre est singulièrement employée dans les médi-caments des yeux; elle nettoie leurs ulceres fans les irriter, rem-plit les cicatrices, 8c en corrige les défectuosités. Quelques-uns,fans les éteindre après la troisième cuitte, fe contentent de leslaisser réfroidir, & préfèrent de les broyer alors dans du vin.On en mêle aussi dans les emplâtres nommés malagmates, pourles ulceres de la tête & des parties naturelles. On en fait unexcellent opiat pour les dents. Théophraste écrit que dans lesdéfis de boisson, les buveurs avalent de la farine ou poudre depierre-ponce; mais que s’ils manquent à boire avec excès, ilsfont en danger de perdre la vie, parceque la pierre-ponce est ré-frigérente à tel point, que fi on en jette dans du moût, elle faitaussi-tôt cesser la fermentation.
beaucoup boire , pour n’avoir rien àcraindre de son effet. Cette esoece debrosses, dont les Allemands se íervenr,8c qu’ils appellent le Ramonneur , laplume d’oie ou de cygne , au moyendesquelles on nettoie l’estomac desmatières qu’H peut contenir , & quiétant ainsi vuide , est plus en état de
W
recevoir une grande quantité de bois-son , paroistent à nos buveurs , d’au-tant plus commode , qu’eiles n’ontrien de pernicieux ; qualité qui peutdépendre dans la pierre ponce de quel-que matière arsénicale , dont beau-coup de pierres rejettées par les vol-cans , sont infectées «.
Gij