HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXV I. 67
La pierre (7) spéculaire (8) (car certe substance est auffi miseau nombre des pierres ) est encore plus facile à couper en la-,mes st minces quon le puiste désirer. Anciennement on n’en
U faut, pour quarte pierrepuistesescier avec la scie à dents , qu’elle soirtendre , d’un grain fin & uni , Scqu’elle ne soit pas mêlée de parties enquelque forte étrangères à la pierre,comme cailloux , coquilles fossiles &autres matières semblables ; ces corpscasseraient aisément les dents de cetinstrument, & le tendraient inutile.C’est là fans doute la feule raison quiempêche qu’on ne se serve de cettescie pour les autres pierres qui fonttendres, mais qui ne font pas nettes& d’un grain uniforme , telles que fontles pierres que l’on tire aux environsde Paris même, & pour lesquelles onse sert des scies qui ne font pas den-tées. Les premieres ne font , pourainsi dire, que de la marne durcie ;«Iles font presque auffi fines Sc aussidouces au toucher ; elles semblentn’en différer que par un peu plus de-parties sableuses : comme la marne laplus pure, elles ne renferment quequelques cailloux noirs ou.bruns quis’y font formés , & le plus souventelles n’ont pas même c.e défaut. Cespierres font d’un très beau blanc, qui,dans un très grand nombre, se con-serve des siécles entiers, ou n S prendfeulement qu’une teinte jaunâtre ourougeâtre. La couleur blanche n’estpas celle que plusieurs de ces pierresont dans la carrière ; elles y font bleuâ-tres , & elles prennent à Pair le beaublanc que d'autres ont même fousrerre.Quoiqu'elles soient très tendresiorfqu’elles sortent de la carrière,qu’on
en puiste même couper plusieurs com-me on ferait de la glaise, elles pren-nent de la consistance par la fuite, &deviennent très dures. Les bâtimentsque l’on en construit fe conserventlong-tems ; & comme la couleur deces pierres ne change pas, ou très peu ;les bâtiments, quoique très anciens,paraissent comme neufs.
La France ne manque pas de cespierres j elle en renferme dans unegrande partie de son étendue : on entire de la Normandie , du Perche , dela Touraine , du Nivernois , de laChampagne, de la Brie , de la Picar-die , de la Flandre Françoise, commeon ie rapporte en parlant des systèmesgénéraux fur la formation de la terre.On a dit dans le même endroit, quela Suiste, une partie de l’Allemagne,l’Angleterre en pâme , pouvoientavoir de ces.pierres ; l’on a même faitvoir que l’Europe n’étoit pas le seulcontinent qui en renfermât, l’Amé-ríque septentrionale, l’Egypte , la Ju-dée , la Syrie , en onc dans certainscantons : ainsi l’on volt que si le paysd’au-delà des Alpes contient de cespierres, comme le remarque Pline,il s’en saur de beaucoup qu’il soit leseul. Dans tous ces endroits on fe sertde ces pierres pout le corps des bâti-ments j mais je ne sache pas qu 011 lesscie en lames assez minces pour servirde tuile. Le dessus des carrières neforme souvent que des petits bancsépais d’un oh de deux pouces : ontaille ces pierres en carreaux de plus
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