HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVI. 69
trouvoit que dans l’Efpagne citérieure, l’espace de sept milles,aux environs de Ségovie. On en tire aujourd’hui de Chypre,
l’on peut regarder le schiste comme unepierre qui tient le milieu entre les pier-res à chaux & celles qui font vitrifia-bles ; & l’on peut,si l’on veut, conserverà ces pierres le nom de pierres argil-leuses que M. Pott Sc Woltersdorffleur ont donné. Cette théorie est ap-puyée d’une observation rapportéedans l’Histoire de l’Académie,p. z6du volume î 7 3 6 , d’après M. Geoffroyl’Apothicaire. Cet Académicien avoirappris de M. Psilanderhictin , Sué-dois , que dans le Marquisat de Ba-reith, près d’un endroit nommé Oxen-kopf,&sur une montagne appelléeFitchtelberg , il se trouve une ardoisedifférente des autres ardoises qui fontauprès des mines, particulièrementen ce qu’elle se fond au feu, & se con-vertit en verre dans l’espace de six heu-res, fans addition de sels, ni d’aucuneautre matière, telle que des pyritesou terres calcaires que l’on emploieordinairement à cet usage. Elle a doncen elle-même les principes de fa fusi-bilité ; Sc , en effet, on trouve qu’ellecontient des matières de la nature decelles qu’on est obligé d’ajouter auxautres ardoises. Celle - ci s'appelleknophjleìn , pierre à boutons, parce-que, quand elle est en verre, on enfait des boutons qui font luisants Scnoirs : on en f a ic auííì des manches àcouteaux & de petits pains orbiculai-res dont on envoie une grande quan-tité en Hollande. Dès que l’on faitles principes fut lesquels la Nature atravaillé dans certaines productions,il est aster souvent aisé de l’imiter ;
ausii fait-on en Hollande même dece même verre noir avec de l’ardoise,un peu de terre calcaire & du quartz.M. Duhamel s’est asturé que nouspouvions imiter ce verre avec nos ar-doises Sc des congélations de stalatitequ’il avoir apportées de Provence , Scqu’il substituent au quartz qui luimanquoit. Du gypse de Montmartre,de la chaux ordinaire, du verre broyé,mis en leur place, n’onc pas lai st é deréuflir auffi , comme il est rapportédans l’Histoire de l’Académie, p.année 1737.
II y a donc lieu de penser que l’ar-doise ou le schiste pur, sans aucun mé-lange, est une matière qui n’est pas dela nature des pierres vitrifiables, puis-qu’il ne s’agit que d’y joindre un peude matière qui puisse se vitrifier pourformer une espece de verre ; il fautdonc auffi qu’elle ne soit pas calcina-ble, puifqu’une matière de cette na-ture peut la faire vitrifier. Ainsi M.Pott a connu la nature de cette pierremieux que ceux qui l’ont précédé ^ceux-ci n’avoient pas cependant tortde la regarder ou comme une pierrevitrifiable, ou comme une calcinable,puifqu’il y en a qui se vitrifient parelles- mêmes, Sc d’autres qui ne le fontpas. On peut ainsi concilier tous cesAuteurs, mais suivre cependant Mes-sieurs Pott Sc Woltersdorff, pour plusd’exactitude.
Ce dernier caractérise le schiste unepierre sans figure déterminée, qui estcomposée de terre ou d’argille, qui sefend aisément en feuillets, & qui est