HISTOIRE NATURELLE, LI V. XXXVI. 75
rieures à celles d’Espagne & de Cappadoce , lesquelles font trèsmolles Sc très amples ; mais avec le défaut d’être obscures. Auterritoire de Bologne , en Italie, on en trouve qui font de fort
mériqu s,<Sc qtfentre les especes quenous connoiííons dans les pays étran-gers à l’Europe, il ne s’en trouve pasqui soient celles de notre continent.Si l’on vouloir cependant qu’on se dé-cidât , on seroit plus porté à regarderces plantes comme étrangères, quecomme naturelles au pays où les pier-res qui ont ces empreintes se tirent.II semble qu’on doive plus penchervers cette opinion que vers celle quilui est contraire, puisqu’il n’y a pasde doute que notre continent renfer-me des coquilles fossiles dont les ani-maux ont vécu dans les mers étrangè-res, & qu’il n’est pas plus difficile,ou plutôt qu’il y a autant de difficultéà expliquer comment ces coquilles setrouvent ici, qu’il y en auroit à ren-dre raison de ce qui a apporté cesplantes dans nos terres, difficulté quel’on veut éluder, en supposant que cesont les mêmes que celles de nos cam-pagnes. Scheuchzer, qui est, commeon l’a dit plus haut, un des plusgrands partisans de ce sentiment, l’asoutenu avec damant plus de chaleur,qu il cuoyoir que les tuffaux qui ontdes empreintes des feuilles de quel-ques-uns d e nos arbres, comme desfeuilles de vigne , de peupliers, detilleuls , avoient la même origine ;mais nous avons établi l’opinion con-traire à l’ardcle de cette pierre. Lesplantes qui, suivant Scheuchzer, sontdes gratterons, des caille-laits & au-tres plantes de cette classe, pourroientbien être des plantes bien différentes
Tome XII,
de celles-ci ; Sc , quand elles en se-roient, elles pourroient être autantd’Amérique qued’Europe , étant im-possible de déterminer, par ces seulesempreintes , Fespece réelle de laplante. II est donc plus sage d’atten-dre des recherches que les BotanistesSí les Minéralogistes feront par lafuite fur les plantes dans les diffé-rents continents, & de la comparai-son qu’ils pourront en faire , pour sedécider, que de prendre un ton affir-matif 6c décisif dans cette question :contentons-nous jusqu’à présent desavoir là où nous pouvons ramailer despierres qui ont de semblables em-preintes.
Si l’on ne peur pas dire qu’en gé-néral les premieres couches des minesde charbon de terre font les endroitsoù l’on est sûr de trouver de ces em-preintes de plantes, l’on nes’avancerapas beaucoup de dire qu’il estaffez or-dinaire d’y en trouver. C’est ce quel’expérience confirme, non seulementen France , mais dans les pays étran-gers. Quant à la France , nous enavons déja rapporté un exemple, d’a-près M. de lumen Famé, an sujet desschistes des environs de Saint-Chau-mont en Dauphiné. Ces schistes nefont que le toit des mines de char-bon peu profondes, & dans lesquelleson entre presque de plain pied , demême que dans celles de Saint Etien-ne , en Forest. Les premiers lits deces minières font voir aussi des em-preintes de fougères & autres plantes
K