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íîli natura, absolutus segmenti modo, nunquam adhucquinque pedum longitudine amplior. Humorem hunc
sesdistérentschangements. L’on penseque la pierre sélénite se trouve enArabie. Comment, dans si peu demots, qui renferment encore une fa-ble des plus avérées, reconnoître par->mi les pierres que l’on a découvertesde nos jours celle que Pline appellede ce nom? Boece n’a- t-il pas agi plusprudemment en avouant son igno-rance en cela ? Les autres Ecrivains,peut être moins sincères que lui, ontdonc voulu que ce fût la pierre spécu-laire,-& ils onccherché à expliquer la■fable rapportée par Pline, & qui avoirété adoptée bonnement par plusieursautres , tels que ' sont Marbodxus,dans son Poème fur les pierres ; Ma-jole, dans ses Jours Caniculaires ; Al-.berr le Grand, dans son Traité fur lesvertus des pierres. Gesner rejette cetteidée, & veut , d’après Agricola, qu’onentende feulement' par ce qu’on litdans Pline, que les rayons de ia luneVenant à frapper fur cette pierre, qui estbrillante 8c transparente, y peignentla figure de la lune , & qu’ainsi cettefigure doit varier, selon que la luneest dans ses quartiersou dans son plein.Mercatus explique la chose de la mê-me façon ; il l’assaisonne même d’unepetitehistoire : il veut quêtant á Syl-vene , au Comté de Sainte Flore, 8cse promenant dans- ses environs, auclair de la lune , il fut surpris de voirde loin une matière briller à peu-prèstomme de l’écume d'un beau blanc js’imaginant que ce pouvoit être de lapierre selenite ou spéculaire, il s’ap-procha pour s’asturer du fait, reconnutqu’il ayoit deviné, juste, conclut què
la sélénite n’étoit autre chose que lapierre spéculaire , & que le conte rap-porte par Pline n’avoit pris naissanceque dans un pareil fait, de même quele nom Grec de aphrosélénke que cettepierre porte dans quelques Auteurs,8c qui signifie écume de la lune-, lepeuple , s’imaginant que la lune don-noit naissance à cette pierre. Cette ex-plication, appuyée même du heureuxhasard où s’est trouvé Mercatus , vaut-elle l’aveu sincere de Boece , & n’est-ilpas mieux d’abandonner les conjectu-res , dès qu’elles n’ont que ['avantaged’en être ? Ce n’est vas là cependant lemoyen que l’on adopte par préférence.Ce font des efpeces de romans quiamusent, de même que les systèmes,un grand nombre de Savants ; & telqui fait mieux conjecturer, estsouventle plus habile. Cardan ne paroîtrapas, je crois, être celui qui aura leplus approché du vrai. 11 semble vou-loir que la sélénite ne soit autre chosequ’une corne d’Ammon recouverte dece verni argenté ou doré que l’on re-marque dans plusieurs. Les morceauxfrustes que l’on trouve souvent, 8c quiont la figure d’un arc de cercle plusqu moins grand, paroissent lui avoirdonné ridée de ces pierres en crois-sant , & celles qui font entieres, ri-dée de ces pierres dans leur plein.Cardan ne cire pas d’Auteurs qui luiaient suggéré ce sentiment ; il y a tortHeu cependant de penser qu’ií l’a puisedans ce qu’ Agricola dit de la corned’Ammon, qui se trouve dans toutle canton d’Hildesheitn , en Basse-Saxe, On y rencontre, dit Agricola ,
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