HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVI. 97
formée de silex taillé en morceaux qui n’excedent pas le poidsd’une livre. Cela fait, il faut comprimer, avec des maillets ar-més de fer , tant le plancher que les ais des murailles cimen-tées. Mais pour avoir une eau d’élite , il convient d’avoir deux
demande un choix ; la chaux n’enexige pas moins j & ce que Pline dit àce sujet parole très juste. II ne faut ad-mettre cependant , qu'avec restriction,la préférence qu’il donne à la chaux depierre blanche , fur celle de pierredure. De deux pierres de nature sem-blable, & qui ne different entre ellesque par leur dureté, la plus dure estpréférable pour faire de la chaux. C’estune observation que les chaufourniersôc les Architectes font tous les jours ,& qui est confirmée par Tubage. Lachaux de marbre est meilleure quecelle des pierres à chaux des pays defable ; celle-ci est meilleure que celledes pierres blanches des pays mar-neux j Sc celle-ci Temporte fur lachaux de marne ; & il paroît que cesdegrés de bonté suivent ceux de du-reté dans les matières que Ton em-ploie. Sans doute que les parties in-tégrantes de ces corps doivent influerbeaucoup dans les différentes chaux,que la façon même de la faire peut ycontribuer encore; mais il paroît que,toutes choses égales , la chaux depierre dure est préférable à celle depierre tendre. Ainsi ce n’est qu’aveccet éclaircissement que Ton doit ad-mettre le choix que Pline fait. Eneffet, une chaux qui peut être bonnepour des ouvrages exposés à Tait, peutfort bien ne rien valoir pour des sou-terrains ou des fondements, unechaux trop susceptible de dilatation ,trop facile à s’imbiber d’humidité, ne
Tome XII.
fera d’aucun usage à Tait, tandisqu’elle le fera pour des ouvrages en-fouis en terre, ou peu exposés à Tait 5elle le fera même pour ceux qui doi-vent être continuellement fous Peau,puisque l’imbibition, étant une foisfaite, elle ne doit plus varier d’étac ,fa situation étant toujours la même.
11 fuit de ce principe, qu’il fera plusutile d’employer une chaux faited’une feule espece de pierre que deplusieurs. Des chaux composées departies susceptibles d’une dilatation Scd’une imbibition bien différentes ,doivent, dans les variations de l’air,agir les unes fur les autres, de façonà détruire le composé. II suit encorede ce principe, que la chaux de cail-loux, qui ne sont ordinairement qu’unamas de différentes especes de pier-res , ne doit pas être excellente ,qu’elle doit même n’être employéeque dans des cas d’une grande néces-sité , sur tout si ces cailloux ont étéramaflés fur le bord des fleuves, oùils ont été lavés longtems, pénétrésd’eau, Sc dénaturés, fans doute, parT eau qui doit leur avoir emporté desparties qui font probablement néces-saires pour avoir une bonne chaux jraisonnement duquel on peut con-clure qu’il convient, comme Pline ledemande, de choisir des pierres tiréesdepuis peu de la terre, plutôt quecelles qui ont été exposées long-temsà l’air. La raison que Pline donne dela bonté de la chaux faite avec de la
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