102. NATURALIS HISTORIA LIB. XXXVI.
tuloso, tectoriis. Ad utrumque damnatur ex filice. Uti-lior eadem ex effbsso lapide, quam ex ripis fluminum col-
plus elles se touchent par des endroits,& plus 1’union est intime & forte. 11fuir de-là que plus l’ouvrage que l'onfait est délicat, & plus la chaux doitêtre fine ; la liaison s’en faisant plusaisément, il n’est pas besoin de faireautant de couches pour que l’enduicsoit beau ; ce qui est , peut-être , laraison qui faisoit que les Romainsn’en demandoient que deux couchesdans le stuc, qui est une compositionde chaux & de poudre de marbreblanc j & trois dans le crépi où le fableest mêlé avec la chaux , le fable met-tant celle ci dans le cas d’une chauxmoins calcinée , Lc conséquemmentmoins divisée j au lieu que la poudrede marbre, étant moins grenue , plusanalogue avec la chaux , elle peurplus aisément faire un corps continu& uni. Ce principe peut encore ex-pliquer pourquoi les endroits humi-des & salpêtreux demandent à êtrerecouverts d’une chaux faite avec lescoquilles. Cette chaux doit être plussine, les corps dont on la tire étantnaturellement d’un tisiu plus fin quele mrain des meilleures pierres à chaux,& conséquemment la chaux devantêtre elle-mêtne beaucoup plus tenue& plus douce , & former ainsi un en-duit moins poreux , moins propre àfe laiíïer pénétrer par les parties sali-nes & aqueuses. Nous voyons encorequ’ilfe déduit de ce principe que lesGrecs avoient raison de battre dansun mortier leur crépi sableux : les par-ties de la chaux s’arténuoient ainsi,lê fable fe divifoit , & le tout fe
mêloit mieux : de là la raison de fé-preuve de la bonne chaux pour le stuc ,qui est de ne plus tenir au rabot aveclequel on la remue lorsqu’on l’éteint jlorsqu’elle est telle qu’elle n’adhereplus au rabot, c’est qu’elle est alorsbien battue, bien divisée, & dans fê-tât par conséquent où il la faut pourune matière délicate , êc qui doit ser-vir à faire des statues ou des orne-ments : au contraire dès qu’il nes’agit que de faire une eau de chaux ,il n’est pas nécessaire de si bien at-ténuer la chaux lorsqu’on l’éteint ,puisque seau dont on se servirapour ce lait ne fera qu’enlever lesparties les plus fines , & qu’ainsi peu -â peu la chaux se trouvera distouteentièrement par les différents lavages,&qui feroit inutile de faire lorsqu’onl’éteint ; il suffit de la laisser macérer& être en une espece de digestionsous le fable dont on la couvre , lors-qu’elle a été éteinte ; ce qui se fait,comme tout le monde sait, en jettantde seau sur de la chaux que l’on a misedans une espece de cuve haute d’unpied ou deti/X, avec quelques rangs depierres posées en rond, & en remuantayec le rabot cette chaux, a fin de ladistoudre. Lorsqu’elle est dans cetétat, & qu’elle ne fume plus, on lafait couler dans une fosse creusée aubas de la cuve ; on jette du fable par-destus, & on la laisse ainsi reposerjusqu’à ce que son en ait besoin. Onverse même, par destus le cour, une cer-taine quantité d’eau qui, en se fil-trant á travers le fable, va dissoudre