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Tome douzieme.
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HISTOIRE NATURELLE, LIV. X X X V I. I 0 Z

caire dure , est: meilleure pour les murailles ; celle qui est fistut-leuse, convient mieux aux toits. Pour l’une & pour l’autre opé-rations , on rejette la chaux de silex (2}. La chaux des pierresqu’on tire de terre est meilleure que celle des pierres qu’on trouveaux bords des rivières. La chaux de la pierre à meule est la meih

encore mieux , & peu à-peu, ce quiauroit échappé à faction du rabot.

Nous ne faisons point d’enduic avecle lait & le safran, ce seroit tout auplus quelques Curieux, qui, par fan-taisie, s’amuseroien t d’un pareil enduit,&c il paroi t bien que ce n’étoit quepar extraordinaire que l’on en avoirfait un semblable dans le Temple deMinerve dont Pline parle; mais l’onest redevable aux Carmes déchaullésd’un blanc de chaux qui est peut être,pour l'éclat, au-dessus de ee que l'an-tiquité nous vante. Ce blanc, cepen-dant, n’est, à ce qu’il y a tout lieu depenser, qu’un lait d’une chaux excel-lente & bien faite „ telle que peut êtrecelle deSenlis, que l’on applique avecbeaucoup de précaution. On ne peuten effet en prendre davantage, c’estun lait très léger dont on fouette lemur à très petites couches , & qu’onlisse en quelque forte avec une brosseà chaque couche, qu’on laisse séchersuccessivement avant que d’en appli-quer une nouvelle. Plus on apporte defoin à les frotter,. plus l’enduit est re-luisant, & plus il tient ferme. Si l’onveut le faire reluire parfaitement, ilfaut encore le frotter avec une brossede poil de sanglier, ou avec la paume

de la main, lorsqu’ìl est bien sec. IIne jaunit point, ainsi préparé, fur-toutsi 011 la employé sur de la pierre ou duplâtre bien sec. La pierre de Senlisn’est qu’une pierre commune d’ungrain fin Lc net. Je ne fais si la pierressstuleufe de Pline, & que cet Auteurregarde comme la meilleure pour lesenduits, est de la nature de celle-ci.II n’est pas facile, pour ne pas direimpossible , de déterminer ce que cetAuteur entend par cette pierre, onpourroit croire, si l’abondance dontil falloir que l’on trouvât de cettepierre ne s’y opposoir pas, que c’étoitdes coraux solides ; mais cette con-jecture seroit bien hasardée, II est vraicependant qu’il y a des cantons, com-me les. environs de Dax, qui en poud-roient fournir une certaine quantité-,& cette quantité pourroit être telleq.u’on en. eût long tems pour un usagesemblable. C’est avec des cor-aux ainsienfouis en terre qu’on fait de la chaux,dans quelques endroits d u Pérou Scdes Indes, auxquels on joint., à la vé-rité , des coquilles qu’on trouve aveceux : mais, comme je l’ai dit, cetteconjecture est bien foible, & elle neseroit appuyée que sur ce que les co-raux sont percés de plusieurs trous fis-

(2) Avant toute autre critique, j’observeraiqu’il n’y a point de chauatsse silex.. C’est confondre la terre calcaire avec i’argilie.