HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXXVI, IOJ
leure de toutes , étant plus grasse que les autres. C’est un grandsujet d’admiration que lességime de la chaux, & il est bien in-compréhensible qu une matière qui a été brûlée s’enflamme denouveau si on y jette de l’eau.
Quant au fable à mortier , il y en a de trois fortes ; le fossile,auquel il faut ajouter un quart dê chaux ; le fluviatile , auquel lachaux doit être ajoutée jufqua la concurrence d’un tiers ; le fablede mer , auquel on ajoute autant de chaux qu’au fable de riviere.On rend encore le ciment meilleur en y ajoutant un tiers de potsconcassés. Depuis l’Apennin jusqu au fleuve du Pô , on ne trouvepoint de fable à mortier, fossile, ni au-delà des mers.
La cause de la ruine de tant a édifices à Rome, c’est que, parune épargne frauduleuse de chaux (a*), les Maçons composent des
fait avec l’une ou l’autre de ces ma-tières est d’une grande dureté lorsqu’ilfe de fléché, & il le fait promptement,du moins celui de la pouzzolane. Onne fait en Italie, lorsqu’on construitdes voûtes, que j errer pêle-mêle dece mortier avec les pierres ponces ; ilfe forme de ce mélange un massif quiest léger Sc très solide, 8c qui met,.par sa facilité à se sécher , bientôt enétat de laifler la voûte à elle-même.Çe mortier , excellent par lui-même ,le deviendroit encore plus s’il étoitfait avec de la chaux semblable à uneespece de Metz en Lorraine , qui nefuse pas, Sc qui, conservée dans desfosses, étant couverte de fable, est,Aubout d’une année , tellement dure,qu’il faut, comme M. Belidor nous enassure, des pics de fer pour 1 a casser. Onvoir, au moyen dé routes ces remar-ques, que nous ne manquerons d’au-cun des matériaux propres à faire des.mortiers, des ciments Sc des enduits^ussi bons, Sc aussi durables que ceux
Tome. XII.
des Romains , lorsque nous ne négli-gerons aucun foin pour les bien em-ployer ».
(a*) Cette épargne frauduleuse neconsistoit point dans la quantité, maisdans la qualité, la préparation Sc lacuiflon de la chaux. Le succès de l’o-pération consistoit sur tout dans unemploifaità propos,Sc un peu brusque,de cette matière, ainsi qu’il résultedes recherches Sc découvertes faires àce sujet par M. Loriot, qui a devinéSc révélé la manipulation des Anciensà cet égard. C’est fur quoi on ferabien de consulter la Lettre suivante.
Lettre de M. Patte, sur la préparation
du nouveau mortier découvert par M.
Loriot, a M. ***.
» Vous entendez, dites-vons,» parler si diversement du nouveau» mortier de M. Loriot, que vous» desirez savoir ce que j’en pense
O