HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVI. 141
Depuis (comme l’efprit de l’homme est inventeur, & travaillefans cesse a étendre les limites de l’industrie ), on ne fe contentapas de mêler du nitre à la matière du verre pour la mettre en '
qu’on fe presse trop à le façonner, &:que l’on ne donne pas aux ingrédientsle tems de fe bien mêler par la fonte.Ces verres font toujours trop friables ,& il n’y a pas -Vautres moyens, si l’ona fait une pareille composition, quede l’éteindre dans l’eau lorfquelle està moitié refroidie : on dissout par-là lesel superflu ; ou bien on peur îe laisserlong-tems au feu , afin de lui donnercelui de rejetter le superflu de ce sel,qui se retrouve dans ce que Von ap-pelle communément écume , fiel ou
sel de verre ; ce qui se forme au des-sus de la matière qui est en fusion.Cette ressource est même la plus sûre,puisque le verre, ainsi préparé , neprend de sel qu’autant qu if est néces-saire pour que la composition soitexacte : réglé générale dont la décou-verte a demandé route la sagacité d’unArtiste tel que Kunckei.
Quoiqu’il soit vrai , en général ,que toute matière vitrifiable peut ser-vir à composer du verreil y a cepen-dant un choix à faire dans le grandnombre de ces matières. L’on doitd’abord beaucoup apporter d’attentionà ce qu’elles ne soient mêlées d’ati-enne autre qui leur soit étrangère jqu’elies ne contiennent , ni partiesterreuses , ni métalliques , ni calcai-res. Lorsqu’on fait choix de sable, ilsaur prendre le plus si n qu'il est possi-ble de trouver. Si c’est du quartz donton fe sert, cette pierre doit être clai-re, transparente, sans veines colo-rées- L’on doit apporter la même at-
tention pour les cailloux des bords dela mer ou des rivières, & les pierres àfusil, dont il faut préférer les noiresàtoutes les autres ; comme parmi lescailloux, ceux qui font parfaitementblancs. Avec ces foins, l’on empêcheque le verre ait de la couleur, les ter-res & les pierres qui en onr, la tenantordinairement de matières métalli-ques qui en donnent facilement auxverres,dans la composition desquelsomen fait entrer. II faut cependant ex-cepter la couleur noire des pierres à
fusil, puisque Kunckei les préféré auxautres. 11 prétend même que si Von.veut avoir un crystal de la derniereperfection, elles doivent i’emporterfur toutes les autres maderes. Le sa-ble est, à ce qu’il paroîr, celui à qui iïdonne le second rang, 8c il avertitque lorsqu’on se sert des cailloux desbords de la mer , il ne faut pas em-ployer autant de sel que lorsqu’on faitchoix des autres matières. Ilsdoiventj.fans doute, en être déja imprégnés ,les flots de la mer les ayant lavés pen-dant long-tems, il n’y auroit pas ce-pendant, à la rigueur , beaucoup àcraindre , quand on forcerait la dosede ce sel, puisque , suivant ce mêmeAuteur , le sel qui est superflu , faitpartie de Fécume ou du fiel du verte 5mais c’est une dépense qu il faut evi-rer.
Le choix des matières propres àfaire du verre étant connu, les prépa-rations que l’on est obligé de suivredans le mélange qu’on en fait étant