IJX NATURALIS HISTORIA LIB.XXXVI.
argentum, alibi minium, alibi plumbi genera, alibi pig-menta, alibi medicamenta fundit. Igne lapides in xs fol-
autres , en laiílent échapper. Deuxmorceaux de bois frottés pendantquelque rems l’un fur l’autre s’enflam-ment. Des tubes, des globes de verre,-des bâtons de résine, frottés avec lamain nue ou armée de papier, élan-cent des jets d’une lumière des plusvives & des plus brillantes, Sc quel’on a su réunir en a/Tez grande quan-tité pour mettre le feu à des liqueursinflammables. L’eau qu’on a laiíléecorrompre jette une lumière sembla-ble ; le corps des animaux devientpar le frottement également lumi-neux ; enfin tous les corps présentésau grand jour Sc portés ensuite dansl’obfcurité, laissent échapper un feuqu’ils paroissien t avoir puisé dans leréservoir général, c’est-à-dire dans ce-lui qui est répandu dans l’atmosphere.Le feu pénétré donc tous les corps,il en fait une partie constituante, &il doit y être ainsi d’une utilité dontijous ne sentons peut-être pas toutel’étendue.
Les avantages que nous en retironscontinuellement, par rapport auxbe-soins journaliers de la vie civile, fontjsi abondants & si connus de tout Jemonde, qu’il seroir en quelque sorteinutile de les tappeller ici. Pouvons-nous, en ester, presque rien préparerde ce que notre nourriture ou de ceque l’aisance bç la commodité de lavie demandent, sans avoir recours aufj?u ?N’est ce pas par son moyen quedes aliments trop indigestes par eux-mêmes pour nous procurer une bonnenourriture, deviennent d’une diges-
tion facile & capables de nous nourrirpar la préparation que le feu leurdonne ? Combien la propreté des ha-billements ne demande t elle pas quele feu y concoure? C’est le feu quisupplée à la perte que nous faisonstous les jours du soleil. Nous péné-trons le flambeau à la main dans lesendroits les plus obscurs, quiseroient,sans ce secours, des lieux inconnus Scinaccessibles pour nous. Le feu nousfait passer avec agrément un tems de-venu triste & fâcheux par une perteconsidérable des rayons solaires quel’obliquité de cet astre, par rapport ànous, occasionne. Que seroit 1 hiver,sans les secours que le feu nous pro-cure, sinon une espece de mort anti-cipée , ou un tems de notre vie quenous passerions dans la langueur ? Unecassolette qui exhale un parfum desplus gracieux seroit souvent un purinstrument de parade, si un feu graduéne développoit les parties odorantesdes matières qu’elle renferme. En unmot, pourroit-onfinir fi 1 on vouloir ra-conter tous les secours que l’on tire d nfeu pour la vie ordinaire & commune?
Ce seroit bien pi; si l’on vouloirentrer dans le détail de tours les arts& de tous les métiers qui ne feroientrien fans lui. Le feu en est pour ainsidire l’ame, comme il est, suivant lapensée de certains Philosophes, cellede i’univers. Peut-on non feulementextraire aucun métal des pierres oudes autres matières avec lesquelles ilest confondu , mais le travailler, fansqu’on se serve du feu pour ces opéra-
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