HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXXVI. ijy
verre, ailleurs de l’argent, ailleurs du vermillon, ailleurs daplomb, ailleurs des peintures, ailleurs des médicaments. Le feu
tftsa
rions. II ne s’agit, pour s’en convain-cre, que d’entrer dans les atteliers detant d’ouvriers qui travaillent l’or,Fargent, le cuivrele fer, & tous lesautres métaux, demi métaux 8c miné-raux. Les états les plus florissants nesoroient qu’un nombre insini de gensinutiles ,' si le feu leur manquoit. Áumoyen du feu, Findigent, par son tra-vail , trouve de quoi subvenir à sesbesoins , Topulent embellit ses mai-sons, le prince ses palais, la coquettetrouve dans une préparation qui estdue au feu , de quoi rehauíïer un co-loris que Iage a terni. Sans le feu,l’homme seroit condamné à ne vivreque des choses les plus grossières. Unecaverne ou une feuillée lui ferviroientde demeure, ou plutôt de tombeau,le jour ne pouvant s’y pratiquer d’en-trée, ou ne le pouvant qu’au traversde corps dont la transparence si gran-de qu’elle soit, n’est jamais à comoa-rer à celle du verre. Une femme quiaime la parure, seroit réduite à réem-ployer que des couleurs peu vives, 8cqui par leur manque d’éclat, sont pourelles une source d’inquiétudes. Avecle feu les hommes se procurent non-seulement tout ce qui peur leur ren-dre la vie heureuse lorsqu’ils jouissentd’une santé parfaite, mais encore lors-que cette santé est altérée, ils retrou-vent même dans cet élément de quoiso faire, en quelque maniéré, revi-vre après leur mort. Quelle prodi-gieuse quantité de remedes la méde-cine ne tire-t-elle pas des préparationsque la pharmacie, la chymie, savent
Tome XII.
faite? de combien d’instruments lesarsenaux de chyrurgie ne sont - ils paspleins, & au moyen desquels les Chi.rurgiens savent séparer un membre,qui, par sa réunion au reste du corps,y porteroît la mort dont il est attaquélui - même ? qui voudroit rappellestoutes les compositions que la phar-macie a imaginées & qu’elle prépareau moyen du feu, seroit obligé de co-pier des volumes immenses j y a t ilun Royaume, y a t il une Université,qui n’ait fait une compilation dé cesremedes ? Pour ne parler que des plusconnus, Londres en Ang!eterre,Vietr-ne en Autriche, Paris en France, n’ont-eíles pas leurs pharmacopées ? Outreces ouvrages, n’y en a- 1 -il pas quan-tité d’autres, faits pat des particuliers,dans différents pays ? La France n’a-t-.elle pas les pharmacopées de Charas8c de Lemery , de Ranchin, de Bau»dran ; l’Angleterre celle de Quincy,de Battus ; la Suiíle celle de Wecker ?Combien , outre cela, de recueils deremèdes connus sous le nom de se-crets , de Pharmacien ou de Médecincharitables, ou d’ordonnances ? Parmicelles-ci celles de la Framboisiere sontdes plus connues. Les ouvrages de Gui'bert les plus en vogue , sont son Mé-decin & son Apothicaire charitables.On a de plus fait de ces recueils pourdes Hôpitaux particuliers comme pourceux d’armées, en Angleterre 8c enFrance, pour ceux qui sont sédentai-res, comme ceux qui sont connus dansce dernier royaume fous le nom deFormules de l’Hôtel Dieu, de la Cha-
Y